__________________ I ain't Lost, I'm just wandering. . Chapitre 14 . . Je ne suis pas perdu, j'erre simplement__________________. .

__________________ I ain't Lost, I'm just wandering. .    Chapitre 14  . . Je ne suis pas perdu, j'erre simplement__________________. .
Rappel : en italique les souvenirs







-------------------------------------------------Partie o1 :




En écoutant : Kate Voegele - Hallelujah




_____Elle continuait de contempler la pierre blanche, caressant finement les lettres dorées formant le nom de W i l l i a m .D A V I S, tout ça lui paraissait si « surnaturel », et dire que certains viennent parler ici... à quelqu'un qui est déjà sans doute retourner à l'état de poussières... Absurde pensait-elle. Mais après tout, pourquoi ne pas faire comme tout le monde ? Elle aurait très bien pu lui parler de sa vie sans lui, de son quotidien, ses problèmes... comme tout le monde. Mais Charly ne faisait jamais les choses comme tous le monde, non, elle allait à contre sens. Alors, me direz-vous, pourquoi était-elle en ce moment même devant cette tombe ? Elle voulait juste voir ce que tout ça lui faisait.

_____Se remémorer toutes sortes de souvenirs, futiles ou importants, ici, à cet endroit bien précis. Tout ça avait de l'importance, comme si dans cet endroit, tout avait une autre importance, une autre dimension. Irréel ? Peut-être bien. Ou plutôt plus que réel ? Un peu des deux en fait. Parce que se retrouver devant cette personne qui comptait tant pour elle dans un endroit presque... féérique, et se rendre à l'évidence que son corps repose six pieds sous terre, - sans doute décomposé depuis le temps- dans une boite en bois sur lequel repose encore sûrement les cadavres de gerbes de fleurs. Bizarre n'est-ce pas ?

_____Charly aurait voulu lui parler, parler comme elle ne l'avait encore jamais fais depuis un an maintenant. Mais quelque chose l'en empêchait. Comme un n½ud dans la gorge l'empêchant de prononcer le moindre mot. Comme si les sons qui sortirait de sa bouche, se retournerait contre elle et, en plus de lacérer ce silence, la tailladerait elle-même, encore plus qu'elle ne l'était déjà, lui rappelant trop de mauvais souvenirs. Mais malgré tous les risques, car bien évidemment, Charly en était consciente, elle se risqua à briser le silence alentour.

_____Un simple mot, pour une grande chose. C'était tout ce qu'elle avait le courage de dire. Mais avant de parler, elle se releva de toute sa hauteur, en prenant bien soin de prendre son sac en bandoulière avec elle et se dirigea vers la gauche, caché derrière quelques buissons de fleurs, s'étendait un grand lac. Le soleil couchant se reflétait à la surface lisse et luisante de l'eau. Charly s'approcha du bord regardant la fille brune, au regard limpide lui faisant face. Son reflet. Elle avait l'air bien terne. Fragile, Faible, vulnérable, tout ce que vous voulez mais elle ne représentait pas Charly telle qu'elle était. La vrai Charly détourna le regard, ne supportant plus de voir cette fade représentation d'elle.

_____Elle ouvrit son sac et plongea sa main dedans. Après quelques secondes à fouiller avec précaution son sac, elle en sortit un sachet transparent contenant ces pastilles de couleurs pastels, orné d'inscription et de forme aguichante. Elle ouvrit le sachet, s'approcha encore un peu plus du bord de l'eau, vidant le contenue du sachet en plastique transparent dans la paume de sa main droite. Une fois le minuscule paquet vide, elle le fourra grossièrement dans l'ouverture béant de son sac. Elle s'emplit les poumons de cet air que dégageait cet endroit paisible. Merveilleux pour y reposer en paix. Elle ferma les yeux rassemblant tout son courage nécessaire pour faire cette action pourtant anodine. Du c o u r a g e.

_____Le grand brun traversa la pièce, une mine tendu. Il la chercha des yeux, parcourant la pièce en vitesse. Il la trouva enfin, dehors sur le balcon sans doute en train de fumé un joint. Il fit coulisser les plaques de verres qui les séparaient et vint s'adosser à son tour sur la barrière, au côté de Charly.

-Tu continue. Exta' Héro' et coke. N'est-ce pas ?

_____Elle se retourna lentement vers lui, son joint toujours dans sa main droite. Elle sembla chercher ses mots pendant une demi-seconde puis répondit :

-Pourquoi est-ce que tu me poses la question si tu connais déjà la réponse ?
-Ne me réponds pas par une question, lui dit-il agacé. Elle roula des yeux et lui lança avec exaspération :
-Oui ! Et alors ?!
-Et alors tu as dis que t'allais arrêter ! , lui répondit-il au tac au tac en haussant la voix.

_____Charly lâcha la barrière, fronça les sourcils, laissa tomber son joint dans le vide, se fichant de l'endroit où il atterrirait, et se retourna une deuxième fois vers son interlocuteur.

-Ouais j'ai dis que j'allais arrêter, mais merde ! Tu crois quoi ? Que j'allais arrêter du jour au lendemain ?!, lui débita-t-elle avec violence.

_____Lui poussait des soupirs d'énervement, levant de ci de là, les yeux au ciel, il n'avait encore jamais rencontré quelqu'un avec un si mauvais caractère. Elle s'engouffra à l'intérieur le laissant seul. Celui-ci la suivit, les mains dans les poches, l'air renfrogné, il ne voulait pas répliquer, il fallait juste attendre que la tempête se calme n'est-ce pas ? Charly attrapa violemment sa veste se saisit de son téléphone et marcha avec vitesse jusqu'à la porte d'entrée. Tout en posant sa main sur la poigné, elle lui dit –plus doucement cette fois.

-Je sais c'que j't'ai dis. Mais bordel, Will ! C'est dur...fit-elle baissant la tête.


_____Charly ouvrit ses yeux et vit son maigre reflet esquisser un sourire. Quel couple ne se dispute pas, hein ?! Elle observa l'objet de cette dispute qui se trouvait à l'instant même, dans sa main. Charly se demanda pourquoi Will l'aimait. C'est vrai, après tout, pourquoi aimer une fille à « problèmes » ? Parce qu'à cette époque, sa personne ne se résumait qu'à deux mots, Alcoolique & Drogué.

_____Elle se souvient lui avoir posé la question, ce soir là, elle était quelque peu éméchée, et s'était endormis comme une dépravée sur le canapé, comme une loque ! Heureusement que Seth avait – pour une fois – décidé d'aller dormir dans ce qu'on appelle plus couramment un lit, car sinon, elle se serait sûrement écroulée sur lui, trop amorphe pour aller jusqu'à sa chambre ou bien lui demander de se pousser un peu. Elle s'affala donc, sans retenue faisant tomber ses clés par la même occasion, dans un bruit métallique, qui alerta Will. Celui-ci se doutant de l'arrivé de Charly avait débarqué dans la pièce principale et avait porté le corps presque inanimé de la jeune fille jusqu'au lit. Lorsqu'il l'eut déposé sur le matelas, les paupières mis closes, elle lui avait posé ladite question :

« Will, pourquoi est-ce que tu aimes cette fille camée, toxico' avec un penchant très développé pour l'alcool, que je suis devenue ? »Lui avait-t-elle demandé, ironique jusqu'à la fin. Elle pu voir à travers la pénombre un faible sourire filtrer sur le visage de celui à qui était destiné sa question. Elle se souvient qu'il lui avait répondu :

« L'amour ne fait pas de distinction entre les camés, les alcooliques, les riches ou les pauvres. C'est sa réelle force. »

_____Charly avança sa main vers elle, la ferma, serrant du plus forts possible les doses d'Extasies entre ses doigts et les envoya valser dans les airs jusqu'à qu'elles atterrissent dans l'eau, troublant son calme en formant plusieurs lignes circulaires à sa surface. Assistant à ce spectacle, se disant qu'elle avait réussi, elle étira ses lèvres en un grand sourire.

« J ' t ' a v a i s . P r o m i s. »






-------------------------------------------------Partie o2 :




En écoutant : Adele - Hometown Glory





_____Elle alla récupérer sa guitare au pied de la tombe sans y jeter un seul regard, traçant son chemin jusqu'au portail ferreux, elle posa sa main sur l'un des barreaux. Ses yeux étaient luisant, humide et embués d'une substance salée qui ne lui était pas inconnue. Elle baissa la tête, non, non ! Elle se l'était promis ! Ne plus jamais laisser ces minuscules diamants dévaler son visage. Fermant les yeux tout en ravalant ses larmes, elle poussa le portail et sortit de ce havre de paix. L'habitacle clos de la voiture l'accueillit avec chaleur, son intérieur comme à son habitude, impeccable, Charly appuya son front contre la vitre, la campagne New Yorkaise défilant à vive allure devant ses yeux.

_____Elle n'avait pas donné de destination à Carson, mais celui-ci roulait quand même ; sans jamais lui demander ce qu'il s'était passé ces dernières années. Car Charly avait bien changé. Mais beaucoup n'en connaissait pas la raison, elle n'aimait pas parler d'elle, et encore moins de ceux qui constituaient son univers...Beaucoup de questions trottaient dans la tête du chauffeur. Il était là, à son poste lorsqu'elle est née. Elle avait toujours été très gentille avec lui, lui prodiguant de précieux conseils sur le comportement des femmes lorsque Carson avait un problème avec son épouse. Ils s'entendaient très bien, l'un considérant l'autre comme sa propre fille et elle le considérant comme ce fameux père qu'elle n'avait jamais eu. Il l'avait vu grandir devenir femme, s'épanouir puis soudainement décrépir. Sans jamais en connaître la raison. Depuis se moment elle avait commencé à être distante avec tout le monde se repliant sur elle, calfeutrée dans sa chambre la plupart du temps. Tout avait changé. Tout le monde change.

_____Après quelques heures de routes tout en silence, Carson ramena Charly dans la demeure de son père. Celle-ci rentra toujours enfermée dans son mutisme, dans sa chambre et en ressortit presque aussitôt. Elle descendit les escaliers, passa d'un pas rapide devant Nélia sans même la regarder et sortit aussi vite qu'elle était rentrée. Une fois dehors, elle marcha, elle marcha longuement, redécouvrant chaque recoin de cette ville qui l'avait toujours fasciné. Les gens s'activaient autour d'elle, dans leur bulle, leur propre intentions, leur propre futur, leur propre passé, leur propre V i e. Chaque vie est unique, même si elles se ressemblent beaucoup pour certain, la routine. Mais il faut savoir chercher le petit détail, après tout chaque être humain lui-même est unique. S p é c i a l.

_____Peu à peu la clarté laissa place à l'obscurité, elle continuait son chemin, elle savait quoi faire, elle en avait besoin, trop de temps c'était écoulé entre tout ça. Elle ne voulait pas les perdre de vue. Pas eux. Le reste n'avait pas la moindre importance. Elle voulait juste les retrouver, prendre de leur nouvelle. Comme une Amie. Une vraie. Elle arriva à ce même angle de rue. Tourna à droite. Ici, rien n'avait changé. Mais sa présence manquait, elle le sentait. Elle marcha les mains dans les poches, regardant comme pour la première fois, ces immeubles. Elle arriva au pied de l'immeuble qu'elle était venue trouver, sortit une clé argenté de sa poche, espérant qu'ils n'aient pas changé la serrure au cours de l'année qui s'était écoulée. Elle engouffra la clé à l'intérieur de la fente, tourna lentement son poigné, accompagné de la clé, après moins d'une seconde, un cliquetis se fit entendre. Elle sortit la clé de la serrure et émit une légère pression sur la porte vitrée. L'intérieur comme à son habitude sentait le renfermé. Sur sa droite se trouvaient plusieurs boîtes aux lettres, elle s'avança plus près de celles-ci et pu constater que le nom de Will n'avait toujours pas était rayé de l'étiquette.

Taylor Cole, Seth Anton & William Davis
Bat. B, Appt. 17.


_____Elle souleva doucement le film plastique qui protégeait l'étiquette, sortit le morceau de papier de dessous. Elle le scruta avec attention, et finalement le déchira à un peu plus de la moitié. Juste Taylor Cole & Seth Anton. Will n'était plus là, alors pourquoi faire comme s'il l'était ? Elle remit le papier à sa place et garda l'autre dans sa poche. Elle continua sa route, bravant les escaliers en chaines. Charly arriva un peu plus tard devant cette même porte, rouge. Elle passa sa main dans ses cheveux, semblant réfléchir à son geste futur. Elle avança sa main, hésitante, puis finit par toquer trois infimes coups sur cette porte, une petite voix au fond d'elle espérant que la personne à l'intérieur ne l'entendrait pas. Des bruit de pas de rapprochèrent, et la poignée tourna sur elle-même. Charly sentit sa respiration devenir plus rapide, ses mains furent éprises de tremblement. Le Stress.

_____La porte s'ouvrit lentement laissant apercevoir le corps d'un jeune homme. Les cheveux à première vu en batailles. S e t h. Les yeux de celui-ci s'illuminèrent d'étonnement mélangés à de la malice -chose qui lui était propre- lorsqu'il la vit. Elle esquissa un léger sourire qui lui était destiné, puis dans une coordination parfaite, ils se rapprochèrent et s'étreignirent. Un an sans donner de nouvelles, ce n'était pas vraiment digne d'une véritable amie, non ? Qu'importe, elle avait décidé de renouer contact. Le principal n'est-ce pas ? « Tu m'as manquée » Lui murmura-t-elle lorsqu'il relâcha son étreinte. « À moi aussi » lui répondit-il, un grand sourire sur le visage. Il l'invita à entrer, se décalant de côté. Elle entra, dirigeant son regard dans tous les coins de la pièce. R i e n. Rien n'avait changé. Comme avant, à une exception près. Will.

_____Il l'invita à s'assoir sur un des sofas, rapportant deux canettes de Coca, sortant tout droit du frigo. Il était tellement content de la revoir, il n'avait pas vraiment pris la peine de l'appeler durant les dernier mois d'avant. Mais ce n'était pas faute d'avoir essayé. Plusieurs fois, il avait composé son numéro d'une main hésitante, appuyant sur la touche d'appel. Une tonalité, deux tonalités toujours rien, à la troisième il raccrochait. Peut être qu'il n'avait pas vraiment la force de la revoir, pas après ce qu'il venait de ce passer, il avait bien entendu, conscience que pour elle ce devait être encore plus dure. Elle avait été sur les lieux à ce moment précis après tout, non ? Quoi que... Il n'en avait pas la certitude, pourtant il voulait connaitre tous les moindres détails de ce jour, pour le moins Macabre. Mais il savait bien que le moment n'était pas venu, c'était trop tôt. Il aurait voulut l'aider, une sorte de thérapie à deux. Elle avait peut être besoin d'affronter ça toute seule ? Oh non, bien sûr que non ! Personne ne doit faire face à ça tout seul. Sur ce coup là, il avait foiré.

_____Au fil de la conversation, il apprit qu'elle avait fait la connaissance de plusieurs autres personnes en Angleterre, pays où son père l'avait en quelque sorte exilé. Elle de son côté fut surprise de voir à quel point il n'avait pas changé, il était resté le même, toujours aussi maladroit, spontané, fêtard et tout le reste. Il est bon quelques fois d'avoir un point d'attachement, un point d'origine qui n'aurait pas changé au fil des années. Elle lui demanda des nouvelles de Taylor, le troisième garçon logeant dans cet appartement, un ami aussi. Bien qu'il soit moins proche d'elle que Seth. Ce dernier dit à Charly que Taylor était de sortit avec une fille se prénommant Sarah... Dommage, pensa Charly, elle aurait bien aimé le revoir.

_____Seth voyait cette silhouette amaigrie, rire et parler. Elle avait l'air si fragile, frêle. Mais paradoxalement il éprouvait presque de l'admiration envers elle, elle était si forte. Tout ce qu'elle avait dû surmonter pour faire face à ce carnage intérieur. Elle était dévastée et il le voyait au travers de ses billes vertes.

_____Les heures passèrent, Charly et Seth se tenaient accoudés à la barrière du balcon, regardant la ville qui s'étendait sous leurs yeux. C'était beau, c'était lumineux, c'était fascinant, étrange, c'était New York. Là où tout est possible.

-Tu penses à lui ?, questionna Seth.
-Oui, lui répondit-elle, tout l'temps...Et toi ?
-Chaque jour. Tu sais, Will était comme mon frère.

_____Il risqua un regard rapide vers Charly, celle-ci avait fermé les yeux, semblant attendre que quelque chose d'inattendu se produise. Peut être priant pour que la conversation se termine ainsi. Ou qu'elle continu.

-Tu n'étais pas là, murmura-t-elle, ...j'avais besoin de toi, et tu n'étais pas là. Pourquoi ?! , s'exclama soudain Charly, élevant la voix.

_____Elle s'était retournée vers lui, un air accusateur mêlé d'incompréhension dans les yeux. Il ne savait que répondre, bien sûr qu'il n'avait pas été là ! Il s'en sentait coupable même. Charly était une de ces meilleurs amis sur qui on pouvait compter à toute heure, que ce soit au milieu de la nuit ou à une heure plus appropriée, et lui, qu'avait-il fait ? Rien. Mais maintenant il était là n'est-ce pas ? Il était là et n'allait pas commettre les mêmes erreurs qu'autrefois. Charly le fixait toujours de son regard perçant, attendant une quelconque réponse. Seth ouvrit à plusieurs reprises la bouche, mais aucuns sons n'en sortirent. Charly hocha la tête de gauche à droite. Décevant comme réponse. Elle passa devant lui et se retrouva dans ce salon qu'elle ne connaissait que trop bien, laissant Seth avec, pour seule compagnie, ses pensées.

_____Elle s'immisça dans le sombre couloir donnant sur les chambres, arriva à la hauteur d'une porte blanche. Celle la portait les signes indéniable de coups. Des creux de ci de là, la peinture écaillé par endroit laissait apparaitre une surface marron. On aurait dit que quelqu'un avait, par le passé, frappé plusieurs fois dessus, passant ses nerfs sur cette fine plaque de contre plaqué. Elle donna un léger coup sur la porte, de manière à ce qu'elle s'ouvre. Une fois ouverte, Charly pénétra à l'intérieur. La pièce était sombre, elle sentait le renfermé mais à la fois son odeur. La chambre de Will. Tout était bien en ordre, à sa place, à l'image de Will, il n'aimait pas les grande pile de vêtement séjournant maladivement sur la moquette, et avait abandonné depuis bien longtemps, l'idée d'apprendre le mot rangement à ses colocataires.

_____Charly s'avança précautionneusement dans l'endroit, détaillant chaque objet, sentant avidement les lieux, s'imprégnant du parfum environnant. Elle s'approcha du bureau situé dans le coin de la pièce, et découvrit un cadre photo caché derrière quelques classeurs. Elle prit le cadre en bois dans ses mains, l'emmena vers la fenêtre, espérant y voir un peu plus grâce à la clarté de la Lune. Un spasme lui parcourut le corps. Deux visages, souriant, presque insouciant. C'est beau l'a m o u r . Elle retourna vers le bureau et reposa la cadre à plat et de dos, de façon à ce que l'on ne voit pas la photo.

_____La jeune brune, regarda à sa gauche et tomba sur un instrument de musique. Il y avait en effet une guitare posé contre le bord du lit, Charly la prit et la détailla des yeux. Non, ce n'était pas la guitare de Will il n'en avait qu'une et lui avait laissé. Peut être était-elle à Seth ? Sans vraiment réfléchir à son geste, elle l'empoigna et alla s'installer sur le lit, adossée contre le mur froid. Elle laissa ses doigts flirter un moment avec les cordes, puis finalement se releva et sortit de la pièce, tenant toujours l'instrument à la main. Arrivée dans le couloir, elle lança à l'attention de Seth qui était toujours sur le balcon fumant une cigarette– sans doute aussi en train de brasser des idées noires dans sa tête - « Lorsque t'auras trouvé quelque chose à dire, fais-moi signe, j'serai sur le toit. »

_____Charly emprunta les escaliers et arriva bientôt sur un grand espace tout fait de béton. Elle s'approcha de la barrière et s'émerveilla des multitudes de lumières émanant de la ville. Elle leva les yeux au ciel, fixant de ses yeux luisants la grosse bille blanche qu'était la lune. Deux étoiles brillaient de milles feux à côté de cette dernières et Charly eut la curieuse impression que ces étoiles brillaient en quelques sortes pour elle. H a l l u c i n a t i o n ? Elle s'assit en tailleur au pied de la rambarde et commença une lente mélodie.

«My hands are searching for you
Mes mains te cherchent
My arms are outstretched towards you
Mes bras sont tendus vers toi
I feel you on my fingertips
Je te sens du bout des doigts
My tongue dances behind my lips for you
Ma langue danse derrière mes lèvres pour toi

This fire rising through my being
Ce feu parcourant tout mon être
Burning I'm not used to seeing you
Brûlante, je ne suis pas habitué à te voir

I'm still alive, I'm still alive
Je suis toujours en vie, je suis toujours en vie

I can feel you all around me
Je peux te sentir tout autour de moi
Thickening the air I'm breathing
Epaississant l'air que je respire
Holding on to what I'm feeling
Retenant ce que je ressens
Savoring this heart that's healing
Savourant ce coeur qui guérit

My hands float up above me
Mes mains flottent autour de moi
And you whisper you love me
Et tu chuchotes que tu m'aimes
And I begin to fade
Et je commence à me faner
Into our secret place
Dans notre endroit secret

The music makes me sway
La musique me fait me balancer
The angels singing say we are alone with you
Le chant des Anges indique que nous sommes seuls sans toi
I am alone and they are too with you, you
Je suis seule et ils sont là aussi avec toi

I'm still alive
Je suis toujours en vie
I'm still alive
Je suis toujours en vie
We're still alive
Nous sommes toujours envie

And I can feel you all around me
Je peux te sentir tout autour de moi
Thickening the air I'm breathing
Epaississant l'air que je respire
Holding on to what I'm feeling
Retenant ce que je ressens
Savoring this heart that's healing
Savourant ce coeur qui guérit

So I cry
Et alors je pleure
The light is white
La lumière est blanche
And I see you
Et je te vois
Only You
Toi seul

And I'm alive
Et je suis vivante
I'm still alive
Je suis toujours en vie
We're still alive
Nous sommes en vie

And I can feel you all around me
Je peux te sentir tout autour de moi
Thickening the air I'm breathing
Epaississant l'air que je respire
Holding on to what I'm feeling
Retenant ce que je ressens
Savoring this heart that's healing
Savourant ce coeur qui guérit

Take my hand I give it to you
Prends ma main Je te la donne
Now you own me all I am
Maintenant tu me possede tout entière
You said you would never leave me
Tu as dis que tu ne me quitterais jamais
I believe you, I believe
Je te crois, Je crois

I can feel you all around me
Je peux te sentir tout autour de moi
Thickening the air I'm breathing
Epaississant l'air que je respire
Holding on to what I'm feeling
Retenant ce que je ressens
Savoring this heart that's healed...
Savourant ce coeur guérit
»





_____Charly s'arrêta, elle avait toujours aimé ces paroles, mais n'en avait jamais saisit parfaitement le sens. Bien sûr qu'en ce moment même elle le ressentait comme jamais, elle avait enfin la sensation de comprendre pleinement le texte. Peut être était-il à ses côtés, en tailleur, sur le même sol de béton, tel un vieux fantôme, un courant d'air du passé. La jeune fille entendit des bruits de pas se rapprochant, elle releva la tête et aperçu Seth, les mains dans les poches se dirigeant vers elle. Dans un léger bruissement il s'assit à son tour avec précaution.

-C'était dur pour moi aussi, commença Seth.
-C'est pas toi qui l'a vu mourir a c'que je sache, lui répondit Charly aussi froide que de la porcelaine.
-Je sais, je suis désolé...
-...pas autant que moi, coupa-telle.
-Écoutes Charly, faut que t'essayes de ne plus penser autant à lui... C'est pas bon pour toi...
-Je sais très bien que je devrais le mettre de côté, sans pour autant le jeter aux oubliettes, mais crois moi, c'est plus dur que c'que l'on pourrait croire !

_____Charly regardait à présent Seth dans le blanc des yeux, essayant de lui faire comprendre sa position délicate. Son interlocuteur se tourna vers elle dans un mouvement presque simultané au sien, tout en pinçant les lèvres, signe de très grande réflexion chez lui. Il savait qu'il ne devait pas se tromper de mots, les choisir avec minutie, au risque de la brusquer. Après quelques instants, il se retourna encore plus vers elle, de façon à ce qu'elle soit vis-à-vis de lui, et la mine plus décidé que jamais, il lui lança :

-Je sais, mais tu vis accrochée à ton passé ! A tes regrets ! T'es trop jeune pour en avoir ! Et puis de toute façon... Il est trop tard maintenant, non ?! Arrêtes de regarder sans cesse derrière toi, regarde plutôt devant ! Rien ne peut plus se passer derrière, tout est devant, on ne peut pas changer le passé mais l'avenir si ! Détaches-toi de ton passé, je sais qu'il est douloureux et c'est une raison de plus de le faire, ces souvenirs te rongent de l'intérieur et si tu continue comme ça, tu finiras par te perdre toi-même. Je ne sais pas exactement c'qu'il s'est passé ce soir là, ni ce que vous étiez allés faire dans cet endroit mais c'que je sais c'est que William est mort ! J'ai passé mes journées à penser à lui, à me demander comment aurait été ce présent que nous vivons là, maintenant, s'il était toujours là ! Mais pourquoi ? Je ne peux pas changer ce qu'il s'est déjà produit. Mais une chose est sûre, le remord ne me quittera jamais, si je n'vous avez pas encouragé à sortir ce soir là, rien ne serait jamais arrivé...
-... Non pas du tout. C'est moi ! Il m'a demandé ce que je voulais faire, où je voulais aller, et j'lui ai dit que j'aimerais les voir. C'n'est pas de ta faute !
-Tu sais, j'crois qu'on a tous une part de responsabilité là dedans, on est tous un peu coupable, mais là n'est pas le problème ! Le connaissant, il t'a sans doute demandé de faire certaines choses pour lui, et c'est très bien, je sais que tu les feras, parce qu'on peut compter sur toi, mais j't'en pris ! Passes à autre chose ! Je ne veux pas te perdre Toi ! J'ai déjà perdu Will, c'est déjà bien assez !
-Ouais...En gros j'ai deux solutions.
-Exact. Et tu sais lesquels ?


« M a r c h e . o u . C r è v e .»




______________





Coucou !
La suite a mit du temps, mais quand même moins que d'habitude =P
En plus c'un exploit que j'arrive à poster puisque mon net n'a pas cessé de bugguer aujourd'hui --'
J'espère que vous avait aimé ( en passant, "j'espère" est le mot que j'emplois le plus souvent sur ce blog, piouf, l'espoir fait vivre ! *CHBAAFF* U_U' )
Enfin bon, vous avez compris c'qu'elle avait promis ? x)
Oh, et puis, Nouvelle importante : Lorsque ce chapitre sera finit, c'est-à-dire avec la seconde partie, ce sera la Fin du premier Tome de ma fiction ! Bon, ça veut pas dire que ma fiction s'arrête donc, pas de panique mais voilà, j'voulais l'dire :].
Pour la suite du Chapitre, au moins 70 commentaires ? *.*
6 chacun ? Enfin, Chacune XD
Merci de m'être fidèle !
B'sous à vous <3

Reu'h !
alors comment z'allez bien ? ^^
J'ai publié plus tôt que d'habitude z'avez vu ? xD
Pis la suite est très très longue... non ? é_è, et y a beaucoup de dialogue dans c'lui là ! :D
même trop... U_U
Donc oui, euhm la fin du Tome I héhé.
Pour la suite...200 commentaires ?
Enfin, t'façon je ne serai pas là pendant trois semaines donc, z'avez tout le temps de me les mettre --',
non , non pas pour des vacances ><' ce s'rait trop beau x), raison médical, rien de bien grave meuh bon >_<
Je serai là les samedi mais je sais pas si j'pourrai posté :s, mais j'essairai !
Gros bisous, j'vous
n'aime fort :)
<3333333

-100-__-150-__-200-__-250-__-300-

# Posté le samedi 28 juin 2008 11:40

Modifié le dimanche 28 décembre 2008 10:09

__________________I will try to fix you.... . Chapitre 15 . .J'essairai de te réparer...__________________. .

__________________I will try to  fix you.... .    Chapitre 15  . .J'essairai de te réparer...__________________. .



-------------------------------------------------Partie o1 :




En écoutant : Coldplay - Fix You




_____C
harly resta un petit instant dans les yeux noisette de Seth. « Marche ou Crève » radicale comme choix, vous ne trouvez pas ? Difficile aussi. Que choisir ? Charly ne s'était toujours pas décidée, bien qu'au fond d'elle le choix s'avérait presque innée... Elle se leva d'un bond, les idées d'un coup plus claires. Seth sursauta ne s'attendant pas à une réaction aussi vive, et mit un peu de temps à se mettre à son tour debout : sa posture inconfortable lui avait comme paralysé les jambes.

_____Une fois qu'il fut à la hauteur de Charly, il remarqua qu'elle scrutait intensément les deux étoiles luisants dans le ciel noir. Il s'accrochait à ses lèvres, ne voulant pas rater une seule miette de ce qu'elle pourrait lui dire, il savait qu'elle avait enfin fait son choix. Elle n'était pas lâche, elle ne serait jamais partie en laissant ce qu'il lui avait dit en suspension comme si de rien n'était. Charly se rapprocha de lui et contre toutes attentes, le prit dans ses bras. Lorsqu'elle mit fin à leur étreinte, elle perça Seth – toujours un peu sonné par ce qu'il venait de se passer - de son regard clair, puis lui fit un grand et lumineux sourire. Longtemps qu'elle n'avait pas exécuté un tel geste. Ça fait du bien de faire comme avant.


_____Seth et Charly regagnèrent l'appartement du bas, restant silencieux. D'un côté Seth aurait voulu savoir, connaitre sa décision, mais de l'autre, il avait peur de paraître brutal ; alors il se laissait porter par les évènements...pareil à une feuille volant au gré du vent, se laissant porter. Une fois arrivés en bas, Seth proposa à Charly de rester, mais elle déclina l'invitation gentiment, non, elle avait quelque chose à faire. Quelque chose d'important.

-Bon, je crois que j'vais y aller...dit Charly tout en revêtant sa veste.
-Prends la voiture, ajouta précipitamment, Seth, avant de compléter devant l'air interrogateur de Charly, il fait nuit et il est tard...c'est plus prudent d'être en voiture !
-Euh...Si tu insistes.


_____Charly prit les clés se trouvant près de la porte, les mit dans une de ses poches intérieurs, ouvrit légèrement la porte avant de se retourné. Elle vit une espèce de bloc note sur une table basse situé non loin d'elle ainsi que plusieurs sortes de stylo. Elle s'avança vers la table et griffonna quelques mots sur une des feuilles du bloc note, sous le regard inquisiteur de Seth en train d'essuyer de la vaisselle derrière le bar. Une fois après avoir finit son action, elle décolla le post-it, le garda dans sa main et retourna à la porte. Elle colla discrètement le papier sur la paroi de la porte, de manière à ce que Seth ne puisse pas voir ce qu'elle faisait. Charly fit volte-face, une main entourant la poignée et l'autre dans sa poche de jean. La jeune fille s'éclaircit silencieusement la voix avant de parler à nouveau.

-Seth...? annonça-t-elle en attirant l'attention dudit Seth.

_____Celui-ci stoppa tous gestes, détournant la tête vers son amie, lui répondant par un bruit de gorge indescriptible, faisant comprendre qu'il était là et qu'il l'écoutait.

-Merci...pas juste pour la voiture (elle pointa les clés de sa main libre) mais pour...pour tout. J'tenais à te le dire, continua-t-elle, un timide sourire se dessinant sur son visage.


_____Reconnaissante, bien sûr qu'elle l'était. Seth hocha la tête en avant et lui fit un de ses francs sourires, puis agrémenta le geste à la parole :

-De rien, c'est normal...C'est c'que font les amis.
-C'est c'que font les amis, répéta-t-elle, avant de tourner les talons et refermer la porte sur elle.


_____Seth entendit ses pas dévaler les escaliers, leurs bruits se répercutant sur les murs faisant alors résonner les couloirs déserts de l'immeuble. Lorsqu'il n'entendit plus rien, juste le silence, il s'approcha de la porte, découvrant alors le post-it collé un peu de travers. Il le décolla et le porta vers son visage pour mieux lire ce qu'elle y avait écris. Il aurait dû s'y attendre, Charly ne fait jamais rien comme tout le monde, n'est-ce pas ?

_____Charly quant à elle, repéra très vite la voiture verte pastel de Seth, la couleur étant peu commune, elle se démarquait des autres voitures logeant dans ce sous-sol. Elle sortit du garage, et se mit à rouler, rouler, rouler traversant tout New York. Les immeubles, tous plus grands que les autres, les lumières, les personnes éméchées à la sortit des bars ou discothèques, tout ça défilaient de part et d'autre de ses yeux, au fil de sa traversée de New York. Mais où allait-elle ? Chez elle ? Non bien sûr que non ! Elle parcourut plusieurs quartiers tous aussi différents les uns des autres, passa même devant Central Park, et finit par s'engager dans une rue...peu fréquentable. Qu'allait-elle faire dans ce quartier tant pauvre que dangereux ? Ce n'est pas un endroit pour elle, non ?

_____Elle tourna dans une rue adjacente et avant d'entrer pleinement dans ce quartier, elle gara l'engin à l'abri des regards, le verrouilla, et finit par continuer à pied, d'une démarche qui se voulait assurée, (histoire de ne pas se faire remarquer...). Elle ne se souvenait plus très bien de la maison ou immeuble qu'elle devait trouver, ses souvenirs étant plutôt brumeux remontant déjà depuis plus d'un an.

_____Après une bonne vingtaine de minutes, elle s'arrêta devant une porte délabrée, elle ne savait pas pourquoi elle s'était stopper devant celle-ci en particulier mais quelque chose lui disait que c'était ici... Mais la certitude n'y était pas, après tout, cette rue était tout à fait semblable aux autres du même quartier. Les toits étaient fais de tôles, aucuns murs n'avaient été épargnés de graffitis en tous genres, plusieurs fenêtres donnant sur les voies piétonnes s'avéraient cassées, et une odeur putride ressortait de l'endroit déjà sale.

_____Sans oublier les lampadaires fonctionnant à moitié : les ampoules clignotaient éclairant une fois sur deux les immondices trainant de ci de là, de leur couleurs jaune ; un grésillement s'élevait bizarrement des même ampoules, donnant un côté encore plus glauque à cette endroit là. Elle avança sa main vers la fragile porte, et toqua trois coup...La personne qu'elle recherchée ici, était-elle toujours là ? Espérant le plus possible de sa présence, Charly ressortit quelque chose de froid de sous sa veste. C'est pour Lui qu'elle le faisait, elle lui avait promis...


_____A l'autre bout de New York, un jeune homme contemplait avec intérêt un minuscule bout de papier jaune, lisant et relisant la fine écriture... Il voulait une réponse, il l'avait eu. Lorsqu'il s'était dit, que Charly ne quitterait pas l'immeuble sans lui avouer son choix, il avait eu raison. Car même si elle ne lui avait pas donné de vive voix, elle le lui avait écris...


« J ' a i . c h o i s i s . C o u r i r . ! »





-------------------------------------------------Partie o2 :




En écoutant : Funeral For A Friend - Roses For The Dead




_____A l'affut du moindre bruit pouvant provenir de derrière la porte, Charly tendait l'oreille. Ses longs doigts fins tapotaient rapidement le coin de sa poche de jean d'un geste nerveux. L'atmosphère pesante régnant en maître avait contribué à dresser ses poils sur son échine. L'air putride et froid la faisait frissonner, et les continuels grésillements des lampadaires à moitié cassés n'arrangeaient pas son état. Soudain un sourd grincement retentit de la masure se trouvant juste devant notre jeune femme, le rythme cardiaque de celle-ci accéléra à vive allure, battant anormalement vite. Mais le quartier était si calme, que même le plus infime des bruits résonnerait entres les ruelles, se répercutant par la même occasion sur les murs délabrés, et finirait par attirer l'attention.

_____Des pas précipités se firent entendre, un léger cliquetis suivit, et une voix presque apeurée s'éleva du dos de la modeste porte.

-Qui est là ?, demanda la voix tremblante.

_____Charly tressaillit, elle ne s'était donc pas trompée. C'était bien cette personne qu'elle cherchait, qu'elle venait trouver. Elle attendit un moment avant de répondre, se demandant s'il ne valait pas mieux, qu'elle rebrousse chemin alors qu'il en était encore temps. Quelques secondes plus tard, Charly se reconcentra sur son objectif premier, et finit par s'annoncer, dans un chuchotement parfaitement audible.

-Lacey, c'est... c'est Charly.

_____La porte s'entrouvrit légèrement laissant apparaitre un ½il noisette, à première vue étonnée, à en juger par l'expression. L'½il détailla de haut en bas, la fine silhouette devant elle, puis, se rendant à l'évidence que c'était bel et bien la bonne personne, la porte s'ouvrit plus largement, laissant un assez grand espace pour que Charly puisse entrer. Cette dernière d'un pas hésitant ne se fit pas prier.

_____Elle pénétra une sorte d'appartement à l'aspect miteux. La peinture des murs s'écaillait sans retenue, le carrelage était cassé et à plusieurs endroits ; au fond de la pièce, un évier, rappelant peut être la présence d'une cuisine, dégageait une odeur pestilentiel, quelques déchet reposaient au sol et tout ceci résidaient dans une pièce éclairée par une simple lucarne. Celle-ci, par miracle arrivait à filtrer quelques raies de lumières au travers son épaisse couche de poussière, Charly se demanda même depuis combien de temps le nettoyage n'avait pas été fait, puis finit par se maudir intérieurement, ce n'était en aucuns cas le moment d'avoir de telle pensée !

-Hum...A...assieds-toi là, si tu veux, proposa Lacey, se tordant anxieusement les doigts.

_____Charly suivit son regard et tomba sur une espèce de canapé recouvert d'un tissu rouge -sans doute mangée aux mites- installée dans l'angle de ce... salon ? Elle finit par s'assoir –non sans précaution- sur le sofa défoncé. Elle aussi paraissait gagnée par la nervosité, il est vrai qu'elle ne s'était pas vraiment préparée à ce... face-à-face, mais elle y était en quelque sorte... Obligée. Lacey ne disait rien mais continuait ses regards alarmés vers la modeste porte d'entrée, laissant s'installer un silence des plus pesants entres ses deux jeunes femmes. Charly réfléchit à une quelconque phrase qu'elle aurait pu prononcer mais à l'instant même où elle se résout à ouvrir la bouche, Lacey intervint.

-Tu...tu veux quelque chose à...à, Lacey vacilla puis chancela quelque peu sur ses fines jambes et massa circulairement sa tempe, tout en fronçant les sourcils.
-T'es sûre que ça va ? demanda Charly d'une voix soupçonneuse.
-Ou...oui, oui...Je... C'est rien, je...je vais...tu veux quelque chose à boire ? bafouilla l'interlocutrice tout en émettant des gestes en désordre avec ses mains comme si ces dernières étaient désarticulées.

_____Lacey se dirigea vers le fond de la pièce, se baissa d'un mouvement raide et sortit un objet ressemblant vaguement à un verre parsemé de taches de calcaire. Elle s'avança vers sa droite et remplit le verre d'une eau curieusement trouble. Tandis qu'elle s'affairait à la tâche, Charly la scrutait scrupuleusement dans les moindres détails.

_____Ses cheveux châtain lui tombant sur les épaules semblaient éteints et gras, ils n'avaient plus aucunes formes. Elle ne les entretenait pas comme elle l'aurait fais avant, il n'y avait aucun doutes là-dessus. Ses yeux gris étaient ternes et croulaient sous de lourdes paupières, sans oublier qu'ils étaient anormalement enfoncés dans leurs orbites. On pouvait apercevoir très nettement les sillons creusés par les profondes cernes. Ses pommettes autrefois saillantes n'étaient plus. Son visage émacié, ses joues creusées lui donnaient un petit air de démence. Ses lèvres sèches et rugueuses n'étaient plus aussi pétillantes qu'avant. Son corps n'avait plus rien à voir avec celui qu'il était auparavant, ses formes avaient disparut, il ne restait de ça qu'une infime silhouette squelettique, sans maintient. Lacey flottait dans ses vêtements devenus beaucoup trop larges pour elle, ses gestes n'avaient plus rien de sûrs, mais plutôt fébriles. Elle même, paraissait d'ailleurs si frêle, qu'on pourrait penser qu'elle menacerait de tomber et se briser à tout moment. Mais qu'était-elle devenue ? Un débris. Une épave. L'ombre d'elle-même.

_____Lorsque Lacey eut fini, elle s'assit dans un fauteuil bleu foncé auréolé de tâches sombre –Charly jugea préférable de ne pas demander ce que c'était. Elle but une infime gorgée du liquide incolore, posa d'une main tremblotante le verre sur l'antique table basse cabossé, et voyant que Charly ne disait toujours rien, elle se lança.

-Ça... ça fait longtemps, hein, dit-elle d'une voix timide.
-Un an, pour être exacte...répondis d'une voix la plus calme possible, Charly.
-Alors, tu, tu voulais quoi ? demanda Lacey, se disant qu'aller droit au but serait plus facile.
-Hum...
-...Parce qu'après tout ce qui s'est passé...Je ne pensais pas qu'on se reverrait un jour... interrompit Lacey, d'une voix beaucoup plus froide tout à coup.

_____Ses tremblements se faisaient de plus en plus violent, elle essaya de les cacher en serrant fortement les poings, mais Charly les avait déjà remarqué, et de nature curieuse, elle dû faire un effort surhumain pour s'empêcher de lui demander la cause de ces gestes désordonnés. La tâche pourtant, s'avéra plus facile que prévu, car en effet, ce que sa vieille connaissance lui avait déclaré l'avait laissée stupéfaite, de part ses mots mais aussi à cause de son intonation particulièrement blessante.

-Ce qui s'est passé n'a rien à voir avec moi et tu le sais très bien !, s'exclama l'autre brune.
-Oui, c'est ça...commença-t-elle baissant la tête, tu n'as toujours pas répondu.
-Quoi ? demanda Charly quelque peu désarçonnée, Oh euh, pour prendre des nouvelles...ça te va comme réponse ?

_____Lacey émit une espèce de grognement que Charly prit pour un « oui ». Un blanc s'installa jusqu'à ce que Charly consenti à reprendre usage de la parole.

-Comment va Noa ? questionna précipitamment Charly voulant changer de sujet.

_____Lacey arbora une moue bizarre visiblement contrariée, déglutit difficilement et planta ses yeux dans ceux de Charly. Il y avait toujours eu une certaine tension peut être même de la rivalité entre ces deux jeunes femmes, et jamais elles ne s'étaient calmées. Notre jeune brune avait toujours voulu l'aider et s'entendre au mieux avec elle, mais cette dernière n'était pas de cet avis, comme Charly, elle tenait à son indépendance, à tester elle-même ses limites, les repoussants toujours plus loin à chaque soirées... Jusqu'à en frôler la mort...

_____L'arrivée –malencontreuse- de Charly ne lui avait pas plu, la première fois que Lacey vu et comprit qui était Charly, elle la considérait plus comme un danger qu'une aide. Elles se ressemblaient tant. Ayant des quantités de traits de caractères similaires, Lacey avait fini par mettre ses griffe à nu, comme pour ce défendre d'une quelconque attaque adverse. Charly, elle, n'avait jamais comprit la raison de cette mésentente, elle n'avait jamais voulu devenir ennemie avec son égale, mais avait toujours cherché à l'aider de maintes et maintes manières. L'aider, elle et Noa. Bien qu'elle ait depuis longtemps compris que Lacey ne lui accordait que très peu de sympathie, elle avait toujours espéré que les choses se calment un jour.

_____La pointe du nez de Lacey frémit à l'entente du nom de Noa. Elle se leva d'un bond, surprenant l'autre brune, se tritura plus que jamais les doigts entres eux, se mit à faire les cents pas à travers la sombre pièce, avec la tête toujours baissé en direction du sol. Ses gestes étaient violents, et tout ça donnait à Charly la grave impression que Lacey devrait être internée dans un asile. Charly avait du mal à suivre des yeux les pas précipités d'une part et d'autre de la pièce, et s'efforçait de ne pas ciller et Lacey semblait réfléchir à toute vitesse, émettant de petits sons perçants et confus, à mesure que son manège commençait à donner à Charly un sérieux mal de tête. Soudain, elle s'arrêta, s'appuyant contre le haut du fauteuil et d'un ton décidé commença sa tirade, tout en omettant de reprendre son souffle à la fin de ses phrases.

-Noa va très bien, elle est en train de dormir dans la pièce d'à côté. Tu lui as beaucoup manqué, tu sais, quand tu t'es évaporée, elle ne cessait de me demander où tu étais, je lui répondais à chaque fois que sa chère et tendre Charly avait sans doute trouvé des choses plus important à faire que de s'occuper d'elle. Mais bien sûr vu son âge elle n'a pas comprit grand-chose, avec un peu de chance j'avais espéré qu'elle t'aurait oublié ! Après tout à quoi bon, se souvenir de quelqu'un qui a juste fait semblant d'être là alors que moi-même je n'étais pas d'accord pour ta présence ici ! Et j'ai estimé que cela n'en valait pas la peine ... je veux bien évidemment dire qu'elle se souvienne d'une personne aussi lâche, et qui en plus de ça, m'a privé et lui à privé de Lui. Tu nous l'as enlevé, c'est à cause de toi qu'il n'a pas voulut ! Entièrement de ta faute ! S'il avait accepté rien n'aurait été comme maintenant, je ne serais pas là, on n'en serait pas là ! A croupir dans ce troue à rat et dans cette banlieue de mes deux ! Tout ça s'est à cause de toi ! Mais malheureusement, j'ai sous-estimé les compétences de Noa. Elle se souvient toujours d'une certaine Charly mais ses souvenirs sont comment dire, un peu brouillés, enfumés, vois-tu ?

_____Lacey s'arrêta là, une lueur plus que démentielle dans les yeux, haletante, et respirant bruyamment, essayant du plus possible de reprendre son souffle. Charly, quant à elle, n'avait prononcé jusque là, aucuns mots, elle restait effarée et abasourdis par ce qu'elle venait d'entendre. Charly eut l'impression qu'un arbre de feu s'était installé au creux de son estomac déjà noueux et qu'il la consumait doucereusement. La situation était bien pire que ce qu'elle pensait, il semblait que Lacey avait, là, en sa présence et en un lapse de temps minime, déverser tout son flot de mépris, haine et rage qu'elle entretenait et cultivait secrètement au fond d'elle depuis presque deux ans et demi, et le pire...

C ' é t a i t . q u ' e l l e

. s e . t r o m p a i t . l o u r d e m e n t . s u r . b e a u c o u p . d e . c h o s e s...


________________



Bonjour, Bonjour !
Alors, ce début de Tome II ? ^^
Dites -moi tout ce que vous en pensez ! =P
Y a pas beaucoup d'action, mah s'normal >_<, j'peux pas faire une suite à la Lara Croft tous les jours XD
Oui bon, d'accord c'est court ! mais c'est juste le début du chapitre aussi ! U_U'
Le tout en 4-6 commentaires ?
'vous fais de gros bisous ! = )
<3


Reuuu'h !!
Voilà suite tant attendu xD
Révélations ? Ou pas ? Alors ? Verdict ? ^^
J'espere que vous avez aimé en tout cas !
Deux nouveaux personnages apparaisse, Noa et Lacey ^^'
Je ne vous cache pas qu'ils sont plutôt importants, comme tout les personnages qui sont présent dans l'histoire même ceux du début que je ne cite plus depuis un bon moment héhé ! Bref !
Alors, vous avez une idée de qui ils sont ? Je parle de Noa et de Lacey hein uu'
Une petite baisse de commentaires, c'est pas grave, j'comprends, plusieurs sont en vacances =)
Sinon, question racontage de liiife, je euhm...
j'pourrai pas taper pendant un bon moment ! è_é enfin si...
mais j'taperai juste d'une main ce qui équivaut à ne pas taper du tout --'
Pac'que j'aurait euhm la main gauche dans l'plâtre ^^'. J'me suis pas casser le poigné ni rien,
c'pour ...autre chose ^_^. Donc, bah...j'suis désolée =S
Mais pour poster, ça va être dur ! j'espere juste que vous allez pas m'oublier hùhù
6 commentaires chacun pour 150 commentaires en tout ?
Enfin bon, encore une fois, vous avez bien le temps de me les mettre :)
Bisous et bonne vacances <3



-100-__-150-__-200-

# Posté le dimanche 13 juillet 2008 10:53

Modifié le samedi 30 août 2008 06:01

__________________Once more you tell those lies, to me .... . Chapitre 16 . .Une fois de plus tu me racontes ces mensonges...__________________. .

__________________Once more you tell those lies, to me .... .    Chapitre 16  . .Une fois de plus tu me racontes ces mensonges...__________________. .
-------------------------------------------------Partie o1 :




En écoutant : Bullet for my Valentine - All these things I hate



_____L'idée que Noa ait pu entendre lointainement Lacey vociférer contre elle, effleura en un bref éclair la pensée de Charly. Il est vrai que cette scène n'était pas prévue au programme. Du moins pas celui de Charly. Plusieurs phrases s'entrechoquaient brutalement dans son esprit, essayant vainement, de répondre à cette affligeante tirade. Charly commença même à se demander si elle avait bien fait. Avait-elle bien fait de venir à la rencontre d'une personne n'éprouvant que du mépris à son égard ? Avait-elle bien fait de renouer avec son passé ? Ou alors aurait-elle peut-être dû tirer un trait sur tout ça, sur Noa, Lacey, Seth et enfin Will ? Mais non voyons. Sa décision avait été prise bien avant même de revenir à New York. Bien avant de rencontrer Aaron, Chris et toutes ces personnes formidables de Londres. Bien avant. En fait tout ça avait pris forme à la minute même où elle l'avait vu. Son... P e t i t . A n g e. Une sorte de promesse pour lui et elle. Oui, encore une. Mais peu importe la quantité de promesses faites. Elle le faisait pour Elle et Lui. En aucun cas pour Lacey.

_____Charly se fit violence en essayant de garder son calme, mais s'en était trop. Trop pour elle, elle ne pouvait plus se contenir et faire comme si de rien n'était. En cet instant, elle aurait voulu éclater. Fondre, disparaitre, exploser en milliers de morceaux. Mais non, bien sûr que non, elle ne pouvait et ne devait pas relâcher les armes. Elle se devait pour elle comme pour les autres, d'être forte, de faire face à toutes choses inattendues sans ciller, tout en restant calme...Faire ça était devenu tellement dur en un instant. Vous ne pouvez même pas vous imaginer l'immensité de l'action. Charly voyait ça comme une immense montagne à escalader, et la similitude entre les deux lui donna encore plus mauvais effet. Car à l'instant où elle avait fait la comparaison, elle avait ressentit un étrange poids au ventre, comme si ses entrailles s'étaient subitement changées en plombs. Elle entrouvrit la bouche, et eut l'horreur de constater que - très curieusement- sa voix semblait s'être échappée à des kilomètres de ses cordes vocales.

_____Essayant alors de faire une diversion, elle se leva sous le regard pesant et défiant de Lacey, s'arrêtant à la hauteur de l'unique lucarne poussiéreuse de la modeste pièce. La faible lueur blanche diffusée par le clair de lune éclaira le buste de Charly, illuminant par la même occasion un bout du médaillon. Ce dernier étincela fièrement faisant face au rai de lumière. Charly porta devant ses yeux, le pendentif rectangulaire tout fait d'argent sur lequel étaient gravés finement les quatre mots. Elle les lut à plusieurs reprises, puis aussi soudainement qu'elle s'était levée du sofa défoncé, sa sensation d'oppression, de colère, presque rage envers Lacey, laissa place à une plénitude totale. Comme si tout le poids qui s'était accumulé sur ses épaules depuis son retour à New York, l'avait quittée. Mais son calme intérieur n'allait pas l'empêcher d'être dure avec Lacey. Oh non. Bien au contraire.

_____Charly fit volte-face laissant glisser entre ses doigts le pendentif, qui tomba dans un bruit sourd, tintinnabulant gaiement contre sa peau. Le visage dur et ferme, Charly s'avança lentement et sans bruit vers Lacey, puis lorsqu'elle fut arrivée à une trentaine de centimètres, elle s'accroupit gracieusement de façon à ce que le visage de Lacey –caché derrière ses cheveux gras- et le sien soient à la même hauteur. Lacey avait toujours les poings fermés avec force. Charly tendit son index en avant, vint le loger quelques centimètres sous le menton de l'autre brune –qui fut d'ailleurs si surprise, qu'elle ne la repoussa pas- et souleva d'un geste raide son visage.

_____Une fois l'action terminée, elle lâcha Lacey, essayant de capter son regard. Son interlocutrice n'était cependant pas de cet avis car, bien qu'elle ait relevé la tête, elle ne cessait de détourner et éviter le regard perçant de Charly. Fuyant la détermination mêlée à la froideur des yeux verts et par quelques endroits bleutés qui lui faisaient face. Voyant que Lacey ne se résoudrait apparemment pas à la regarder dans les yeux, Charly lui prit doucement le menton entre les doigts et d'une douce voix glacée, elle lui ordonna de la regarder. Lacey céda et tressaillit sous l'aura étrange que dégageaient les prunelles de Charly, celle-ci avait planté ses yeux dans les sien si vite, et avec autant de force et de dureté qu'à la seconde même où la nouvelle connexion s'était établi entre elles, Lacey ressentit des picotements au niveau de ses yeux ambrés comme si pleins de petits pieux s'enfonçaient à la surface de son visage. Était-ce une hallucination ? Ou était-ce vraiment l'effet qu'on ressentait lorsque l'on regardait Charly en temps normal ?

_____Charly avait relâché le maigre menton de Lacey, et continuait à la regarder avec insistance. L'autre jeune femme prenait sur elle pour ne surtout pas ciller, et à chaque fois qu'elle s'apprêtait à baisser la garde, l'espèce de filin invisible, les rattachant l'une à l'autre semblait s'amplifier et se renforcer de plus bel. Mais d'un autre côté, elle ne pouvait se résoudre à rompre ce lien, il y avait là une sorte d'attraction entre ces deux êtres. Qui se ressemble s'assemble comme on dit. Même si, pour l'instant, elles se détestaient cordialement...on ne peut prédire l'avenir n'est-ce pas ? Charly ouvrit légèrement la bouche comme pour répondre à sa douce attaque mais encore une fois elle la referma. Comment mettre des mots sur ce qu'elle éprouvait à l'instant ? S'en souvenir était tellement plus fort, plus intense et clair...Se remémorant toute l'histoire à la vitesse éclaire, elle ouvrit la bouche une nouvelle fois. De là, sortit une voix bizarrement calme au premier abord, puis déterminée. Mais quiconque aurait assisté à la scène aurait pu distinguer la nuance froide, cassante, presque menaçante même de sa voix.

-Premièrement, je ne me suis pas évaporée puisque je suis là ! Et en passant, tu dis que j'avais sûrement trouvé des choses plus importantes que de m'occuper de Noa, mais si ma mémoire est bonne, tu n'aimais pas vraiment que je m'occupe d'elle, non ? Oh et puis, quelle importance ? Tu es tellement butée que tu ne reconnaîtrais même pas tes torts, un bref instant s'écoula avant qu'elle ne reprenne, et, si je me suis éloignée pendant ces un an, ce n'est certainement pas pour abandonner Noa ! C'était pour moi, et pour elle, j'explique, –tout ça doit être encore un peu flou pour toi- moi et elle, parce que, par rapport à l'état dans lequel j'étais, il était préférable de partir, et de faire...de faire une sorte de...travail sur moi-même, faire le vide. Et je pensais que...si je restais à proximité de Noa, je finirais par ne plus être moi et que mon humeur massacrante de ces jours là ne finisse par lui faire du mal.

Deuxièmement...Je t'interdis de dire à qui que ce soit que je t'ai privée de Will ! Tu sais aussi bien que moi que ce n'est pas vrai. Franchement, dis-moi, qui de nous deux à la plus grande responsabilité dans tout ça ?...Toi. Pourquoi crois-tu qu'il n'a pas voulu, comme tu dis ? Uniquement à cause de Toi, toi et encore toi ! Si tu n'avais pas fais toutes ses erreurs, ça n'aurait pas entraîné tout ça ! Il aurait peut être été moins dur avec toi. Peut être qu'il aurait voulu !

Troisièmement, si tu habites ici, c'est encore une fois de ta faute, tous ces mensonges ne t'ont servis à rien. Juste à t'emmener dans... cette chose qui te sert d'appartement, ou maison je ne sais même pas. Et enfin, ne dis plus jamais que tout est de ma faute, encore une fois c'est faux, tu ne connais qu'une partie de l'histoire... c'est moi qui l'ais convaincu d'être...mieux, de la voir, au moins une fois. J'ai fais ça dans l'intérêt de Noa et de Will, en aucuns cas pour Toi. Et n'essaye pas de me dire que tu es arrivée à se point
(Charly désigna la pièce du regard puis Lacey elle-même) à cause de ton soit disant deuil ! Tu n'as pas le droit de dire que ça te fait de la peine, tu ne peux pas !

_____Des larmes apparurent aux coins des yeux moroses de Lacey. Tout ce que Charly lui débitait la touchait. Lui ouvrait les yeux sur elle-même. A présent elle se rendait compte à quels points les dommages qu'elle avait pu causer avec de simples mensonges, étaient comme irréparable. Mais c'était pire que des mensonges. Une odeur particulièrement douceâtre de manipulation avait embaumé son esprit depuis si longtemps qu'elle ne se rendait même plus compte lorsqu'elle usait de ...ces moyens de persuasion. Entendre Charly la répugnait mais c'était moins pire que d'entendre ses mots. On le sait tous. La . v é r i t é. est dure à entendre.

-...Tu ne peux pas faire comme si tu l'avais aimé. C'n'est pas vrai, tout c'que tu as fais était dans ton propre intérêt, tu l'as manipulé, comme s'il n'était qu'un vulgaire jouet parmi toute une collection ! Alors, non, après ce que tu lui a fais, tu n'as pas le droit de pleurer comme ça, et surtout pas pour lui. C'est à moi que cela revient ...Je l'ai aimé... Plus que toi, du moins...

_____Charly marqua une pause, sa voix glacée résonnant encore dans l'obscurité de la pièce. Lacey ne pouvait se résoudre à prononcer le moindre son, elle avait l'impression que son c½ur était remonté dans sa gorge. Ce qu'elle était devenue la dégoûtait. Son être tout entier l'horripilait.

-Si tu ne veux pas que je m'approche de Noa, reprit Charly, c'est ton choix. Mais sache que si je suis « revenue » - en quelque sorte- je l'ais fait pour elle et pour lui. Pas pour toi.

_____Elle ferma les yeux et leur lien fut rompu. Lacey eut alors comme un choc. Comme si le fait d'avoir couper ce filin les rattachant l'une à l'autre, avait amplifié l'impact de ces mots. Lui faisant prendre pleinement conscience de ce qui se passait. Charly se redressa de toute sa hauteur, et se hâta vers le cagibi faisant office de hall d'entrée. Lacey entendit la poignée rouillée grincer d'un son claironnant. Puis comme si une chose inexpliquée s'était occupée d'elle, en lui éclaircissant ainsi les idées, elle entreprit de reprendre usage de la parole. Sa voix était tremblotante, fébrile, presque plaintive...

-Charly...je...


-------------------------------------------------Partie o2 :



En écoutant : Shakira - Underneath your Clothes



_____Charly s'arrêta brusquement dans son action, sentant l'air froid l'envahir. Est-ce que finalement tout ça avait servi à quelque chose ? Lui dire ces quatre vérités lui avait-elle fait voir ses erreurs en face ? Toujours la main sur la poignée de la porte, Charly retenait sa respiration, attendant la fin de cette phrase. Elle espérait au plus profond d'elle que Lacey ne laisse pas sa phrase en suspend, qu'elle lui dise quelque chose. N'importe quoi, mais pourvu qu'elle le fasse. Le silence était tellement plus horrible. Comme attendre l'inconnu. Un instant plus tard, Charly n'avait toujours pas bougé, et Lacey, tremblotait de tous ses membres, se cramponnant au fauteuil de toutes ses forces.

-...A...Attends, acheva Lacey en un souffle.

_____Charly fronça les sourcils, quelque chose clochait. Le ton que Lacey avait utilisé n'était pas normal. Il ne lui correspondait pas. Soudain un bruit sourd parvint aux oreilles de notre jeune brune, un bruit semblable à un corps inerte tombant au sol...Charly se retourna aussitôt et comme elle l'avait pressentit, Lacey était à terre et était parcourut de très violents tremblements. Ce n'était pas en serrant les poings cette fois ci qu'elle arriverait à cacher ses spasmes, ironisa une voix intérieur. Charly étouffa une exclamation d'effroi. Elle avait déjà vécu cette situation. Mais cette fois là, elle était à la place de Lacey. Elle ne devait pas laisser place à la panique, mais faire ce que son c½ur lui dicterait de faire. Bien qu'elle détestait Lacey, elle n'avait jamais souhaité sa mort. Jamais.

_____Charly se jeta aux pieds de Lacey, essayant de la maintenir en place d'une main, et de l'autre lui dégageant les cheveux du visage. Blanc comme un linge, voilà comment était son visage. Livide et blafard. Une couleur faisant contraste avec la chaleur brûlante de sa peau. Charly vit les pupilles de Lacey, se rétracter à cause de la peur. Ses traits se déformèrent peu à peu, un mélange d'effroi et de démence peuplant son visage cadavérique. Ses yeux se firent suppliants. Charly sentit les ongles de son vis-à-vis se planter dans sa chair, ses poils se dressèrent sur son échine de la même manière que lorsqu'elle attendait devant la porte dépareillée, il y a un peu moins d'une heure. Les doigts osseux se refermèrent si fort cette fois dans ses bras, que ça lui faisait mal. Elle se força à ne pas crier de peur d'ameuter le quartier, en se mordant la lèvre inférieur jusqu'au sang.

_____Il fallait qu'elle fasse quelque chose pour Lacey, quelque chose, oui, mais quoi ? Elle s'efforçait de maintenir Lacey couchée sur le côté et de réfléchir. Ses souvenirs remontaient de quelques années déjà et la peur qui s'insinuait dans ses veines comme un poison, envenimant son esprit, frigorifiant ses entrailles, l'empêchait d'avoir les idées claires. Comme si ce poison obstruait ses pensées. Soudain elle tenta de repousser les bras entreprenant de Lacey, mais celle-ci, dans une tentative désespérée, referma encore plus fort ses ongles contre la peau hâlée de Charly, ce qui ne fit qu'aggraver les choses. En effet, lorsque Charly parvint enfin à s'extirper de ce corps comme disloqué, qui lui faisait penser à une sorte de pantin désarticulé, elle se retrouva avec des griffures profondes semblables à de minces trainées écarlates, luisantes et brillantes sur ses bras. Mais Charly ne se souciait pas de ses bras mutilés mais plutôt de l'état de santé de Lacey. Celle-ci continuait à s'agitait en tous sens, sa cage thoracique se soulevant en un rythme irrégulier et anormalement élevé par rapport à la moyenne et tout ça, accompagné des perles de sueurs qui coulaient de par et d'autre de son visage crispé.

_____Charly agrippa alors fermement les mains de son autre et se redressa de tout son long, entraînant Lacey dans son ascension soudaine. Cette dernière poussa un gémissement, sa tête ballotant de côté comme si elle ne pouvait la soutenir ou même qu'elle somnolait. Son corps toujours agité de tremblements, ne lui donnait pas la stabilité pour se tenir debout seule sans tomber, Charly la tint donc au niveau de la taille, l'obligeant à rester sur ses jambes, et à ne pas s'effondrer. Lacey murmurait des mots inaudibles comme « non » ou même « laisse-moi » mais celle qui la tenait n'en prenait pas compte et continuait à la soutenir du mieux qu'elle pouvait. Charly sentait la respiration saccadée, irrégulière et tiède de Lacey, parcourir le creux de son cou, ainsi que la moiteur inquiétante de sa peau, sur la sienne, là où sa maigre tête émaciée s'était reposée.

_____Alors doucement, Charly se détacha de Lacey, la tenant toujours mais par les bras cette fois ci. Elles commencèrent alors à déambuler dans la pièce, les jambes fébriles de Lacey suivants celles de Charly, qui jouaient le rôle de pilier.

-Lacey ! s'exclama Charly en voyant ses yeux se refermer sous ses paupières lourdes. Non ! Ouvre les yeux, Lacey !

_____Un bruit creux retentit, tandis que la paume, de la main droite de Charly, s'enflammait d'une douleur lancinante, causé par la claque qu'elle avait donné à Lacey. C'était un des seuls moyens qu'elle avait trouvé de la maintenir consciente. Vous devez sûrement vous poser cette question « pourquoi ? », pourquoi est-ce qu'elle faisait tout ça, pour Elle. Elle, Lacey. Eh bien je vais vous répondre... Si jamais Lacey sombrait, ce serait la fin, la fin de ce pour quoi Charly s'était battue jusqu'ici. Et faire ça à Noa, Charly ne le supporterait pas. Alors, même si Lacey et elle se détestaient cordialement, Charly ne voulait et ne pouvait laisser faire ça. Après tout, elle savait ce que l'on éprouvait dans ces moments là, et ça, elle ne souhaitait à personne de le ressentir. Personne. Même pas à Lacey.

_____Ainsi, à chaque fois que les yeux ambrés de Lacey se refermait lentement, comme succombant aux effets ravageurs d'un somnifère, la voix ferme de Charly l'assenait de questions en tous genres, comme par exemple : quelle était la couleur de cheveux de Noa, elle lui répondait alors d'une petite voix encore faible «blond, bl...blond foncé ».


[...]



_____Après ce qui lui sembla une éternité, Lacey parut reprendre quelques couleurs, sa respiration se calma, sans pour autant retrouver un rythme tout à fait normal, mais quand même assez pour faire baisser la jauge d'inquiétude de Charly. Après avoir vérifié que pour Lacey, tout allait –à peu près- pour le mieux, l'avoir installé sur un des canapés miteux, l'avoir recouverte d'une couverture de laine, miraculeusement intacte qu'elle avait retrouvé dans un vieux tiroir grinçant ; Charly s'affaira à regarder ou même trier dans le furieux bric-à-brac s'étalant sur la table basse. Après avoir classé une pile de papiers de tous genres, elle découvrit ce qui confirma ce qu'elle avait redouté. Un minuscule sachet de plastique transparent traînait à côté d'une petite coupole bleue, parsemée de grains fins, paraissant être les restes d'une poudre. Une poudre blanche, familière à Charly. Elle se saisit alors de la coupole, et vida les restes dans l'évier, puis jeta le sachet.

_____Renonçant à chercher Noa, Charly retourna s'assoir en face de Lacey -qui pour l'instant semblait dormir- se recroquevillant sur elle-même, ses jambes ramenées vers sa poitrine, ses bras les entourant. Pourquoi avait-elle cette curieuse impression ? Celle qui lui faisait retourner en arrière. Comme si ses erreurs passées la poursuivaient, quoi qu'elle fasse pour s'en débarrasser. C'est vrai, non ? Revenir à New York, justement pour tout recommencer... ou plutôt, pour faire ce qu'elle avait juré de faire, comme par exemple, arrêter définitivement la drogue ; pour découvrir quelques temps après, cette odeur particulièrement enivrante. Elle avait l'impression que le destin l'a mettait à l'épreuve. Comme pour la tester, comprenez-vous ? Mettre ses forces et sa détermination à l'épreuve, comme pour savoir si elle se montrait digne de la tâche qu'il lui avait confiée. S'était-elle montrée à la hauteur ?

D a m e . N a t u r e . s e . s e n t a i t - e l l e . s a t i s f a i t e . ?


______________





Bonsoir ! Ou bonjour ^^'
Un long long long retard ! Mais quand même !
c'un exploit avec une main ! XD
Alors cette suite ? Y a encore des révélations... cachées oui !
Forcément, j'vais pas vous les donner comme ça >_< ce s'rait pas drôle xD
M'enfin, les plus aheum... perspicace d'entre vous pourraient comprendre qui est Lacey et qui est Noa... :D
Bref ! Donnez moi vos impressions =)
Six commentaires chacune ? 8)
Bisouuuus <33



Tout d'abord, excusez-moi !
Pour ce retard de presque un mois !
J'pensais à la fic tous les jours, et à vous aussi <3
J'suis désolée é_è
J'espere que vous serez toujors là, au rendez-vous = )
A part ça, un peu de racontage de life !
J'ai plus d'plââââââtre ! :D donc, à moi la vitesse quand j'vais taper au clavier héhé !
Sinon, vous passez de bonne vacances ? ^^
Bref, passons le racontage d'life, et parlons plutôt d'la fic ^_^ ( j'fais toujours les choses à l'envers U_U bah oui, normal'ment j'aurais dû parler d'la fic avant ! .... *CHBAFF* )
C'est une petite suite, je sais, à la base elle était prévue pour être plus longue, mai j'pouvais pas m'résoudre d'vous laisser encore plus longtemps sans suite >_<
Donc, pour les nouilles qu'auraient pas compris ce que Lacey a eu, elle a simplement fait une overdose ^^'
J'vous ai encore pas éclairer sur qui sont vraiment Lacey et Noa, ça aussi c'était prévus dans la deuxieme partie du chapitre, mais comme je suis jamais ce que je prévois à l'avance... bah ça donne ça ><
Oh, et pour le chapitre suivant, ce serait normal'ment, un chapitre "souvenirs" donc si vous avezz suivit, en italique x) !
V'làààà sinon, vous en pensez quoi de cette suite ? J'le consois , y s'passe pas grand chose, mais bon, j'ai réservé tout ça pour le prochain chapitre héhé.
6 commentaires chacune ? z'êtes cap ? ^^
150 commentaires la suite !
Bisous <3

Ps : je pense mettre quand même moins de temps à écrire la suite, puisqu'elle est déjà bien entamée :D. Et aussi, pour vos fics, j'suis désolée si je suis pas encore venue lire vos suites >_<''', mais j'me ratraperai ! c'est obligé ^^ pis, hésitez pas à me rappelez qu'elle suites je dois lire sur vos différents blogs ! Merci <3


-100-__-150-__-200-

# Posté le mardi 29 juillet 2008 18:24

Modifié le mardi 28 octobre 2008 16:51

__________________I know you want to know what's right.... . Chapitre 17 . .Je sais que tu veux savoir ce qui est juste...__________________. .

__________________I know you want to know what’s right.... .    Chapitre 17  . .Je sais que tu veux savoir ce qui est juste...__________________. .
Rappel : en italique les souvenirs







-------------------------------------------------Partie o1 :



En écoutant : James Blunt - I really want you



_____C'était un après midi ensoleillée, aucun nuage à l'horizon, non, tout était bien. Calme et paisible. Idéal pour sortir prendre l'air, avait pensé Charly en regardant au travers de la baie vitrée. Quelques heures et un coup de fil plus tard, elle sortait – sans autorisation, cela va de soi !- vêtu d'une petite robe d'été blanche, ses cheveux noirs de jais légèrement ondulés, comme elle le voulait, tombant sur ses épaules dénudées.

_____Charly et Will marchaient nonchalamment, dans une des rues les plus touristiques de la capitale. Sa main au creux de celle de William, et l'autre tenant fermement un cône de glace à l'Italienne, qu'elle lapait de temps à autre, avant qu'elle ne finisse par fondre pour de bon. Charly, l'air pensif ne remarqua pas qu'ils venaient de dépasser d'une bonne dizaine de mètres, le bureau de poste de plus proche, et quand deux minutes plus tard, elle se fit la réflexion d'avoir raté quelque chose, elle s'arrêta alors si brusquement que le sommet de sa glace vacilla dangereusement de droite à gauche. Même Will parut, pendant quelques secondes, déconcerté par cet arrêt soudain.

-Tu ne devais pas aller à la Poste ?
-Hein ?... Ah ! Oui, oui ! C'est vrai, j'avais...ça m'était sorti de la tête, ajouta-t-il en voyant le regard suspicieux de Charly. Ce n'était pas son genre d'oublier des choses. Et Charly le savait.


_____Il s'ébouriffa machinalement les cheveux, comme s'il voulait détourner son attention sur des eaux moins obscures, puis avança de quelques pas en direction du bureau de poste, qui était maintenant à une vingtaine de mètre d'eux, quand il se rendit compte que Charly ne le suivait pas. Il se retourna vers elle, ignorant les passants qui marchaient, et parlait bruyamment, entres eux. Ces même passant qui en marchant, transformaient, la fine silhouette de Charly en une créature zébrée. Mais même à travers le petit groupe qui traçait son chemin, les séparant encore une fois, William pouvait distinguer aisément son regard vert, éclatant à la lumière du soleil, le regarder semblable à un rayon X.

_____Il se sentit alors, plutôt mal à l'aise, essayant de cacher ça, dans le ton de sa voix, il lui tendit la main et cria sans gène au milieu de cette marée humaine : « Tu viens, ou quoi ? ». Sa voix résonnant faiblement aux oreilles de Charly, comme si au lieu d'être amplifiée par le cri, il avait simplement haussé le ton. Il faut dire aussi, que toutes les personnes agglutinées sur ce même trottoir étaient tellement bruyant. Elle réagit alors, se fraya un chemin parmi le foule, posa sa main libre dans celle que William lui tendait et lui adressa un faible sourire au passage. Ils marchaient à nouveau, rebroussant chemin vers la Poste. La glace de Charly finissait à vitesse grand V et bientôt ils furent tous deux arrivés devant deux grandes portes vitrées, portant toutes les deux le logo postale. Ils entrèrent ensemble dans une grande salle où, il n'y avait merveilleusement pas beaucoup de monde. Charly feinta d'aller feuilleter des brochures tandis que Will se dirigeait vers le comptoir.

_____Charly faisait mine de lire attentivement une brochure qui ne l'intéressait guère, mais de vous à moi...vous savez aussi bien que moi qu'elle observait et réfléchissait le comportement, pour le moins bizarre de William. Maintenant qu'elle y songeait, elle se rendait compte qu'elle n'avait encore jamais vu Will comme ça. Il paraissait sans cesse soucieux. Quelque chose le tracassait, lui occupait la tête. Quelque chose, mais quoi ? N'avait-t-il pas assez confiance en elle pour le lui dire ? Ce dont elle était, au moins, sûre et certaine, c'était qu'elle essaierait de découvrir ce qu'il lui cachait. Lorsqu'elle reporta son entière attention sur la brochure, elle se rendit compte qu'elle avait relu quatre fois la même phrase. Elle s'apprêta à lire la suite quand elle remarqua que William revenait vers elle. Charly posa alors la brochure à sa place initiale et se dirigea à la rencontre de Will. Elle lui fit un grand sourire, qu'il lui rendit et ils sortirent ensemble du bureau postal.


_____Une fois dehors, ils retrouvèrent le bruit et la cohue. Certains jours, comme celui là, Charly se disait qu'elle aurait peut être été mieux à la campagne. Un peu de calme ne fait pas de mal quelques fois, n'est-ce pas ?

-Et si on allait à Central Park ? proposa Charly.
-Ouais, bonne idée ! approuva Will.


_____Après une bonne trentaine de minutes ils arrivèrent à l'entrée du grand par cet commencèrent à chercher une place à l'ombre d'un arbre. Un court instant plus tard, Will était adossé au tronc, Charly, allongée au sol, la tête posée sur les jambes de son petit-ami. Il caressait ses longs cheveux noirs tandis qu'elle se contentait de fermer les yeux et de sourire, ses mains liées sur son ventre. Sous son apparence calme, Charly bouillonnait. Comment allait-elle s'y prendre pour savoir ?

_____Peut-être vaudrait-il mieux qu'elle lui pose tout simplement la question ? Ou alors peut-être qu'elle devait attendre encore un peu. Après tout, pourquoi il ne lui dirait pas ce qu'il cachait, d'ici ce soir ? Oui, elle attendrait se soir... Et laisserait tout ça de côté pour le moment. Mieux valait profiter de l'instant présent et se soucier de ce qu'il faut en temps voulut. Maintenant qu'elle avait mis de côté cette question récurrente, elle pouvait enfin se laisser envahir par la douceur du silence qui c'était installé entre eux. Un cocon fait de silence, fait de deux êtres. Les cris des enfants jouant au loin, les sirènes de police, d'ambulance, rien, non, rien ne les atteignait eux et leur monde. Juste le calme.


-Tu veux venir avec moi au Night Club, Jeudi soir ? demanda Charly, en rompant le silence.
-Au Night Club ? répéta-il en écho.
-Oui... Rachel m'a comment dire... un peu forcé la main !
-Comment ça ?
-Bah, elle m'a inscrite - sans mon avis, bien sûr, tu la connais – à un de ces quelconque concours de musique... donc, je suis un peu obligée d'y aller maintenant qu'elle m'a mise devant le fait accomplit !
- Elle a peut–être bien fait après tout ! Tu as une belle voix..., commença Will un léger sourire en coin.
-...Tu as une belle voix aussi ! l'interrompit aussitôt Charly.
-Non, non, non ! Je sais très bien où tu veux en venir, je ne participerai pas ! s'exclama-t-il en se renfrognant, fronçant les sourcils d'un air boudeur.


_____Charly se releva à sa hauteur, se mettant à genou à côté de lui...

-Non, non, non ! répéta Will, je sais que tu vas faire tes yeux de chien battu et me supplier de venir, ne gaspille pas ton temps pour ça, j'irai pas, un point c'est tout !

_____Et comme il l'avait deviné...Charly fit une mou d'enfant pris en faute, une mine qui aurait pu faire fondre le pire des Hommes au c½ur de pierre. Imitant alors une petite voix haut perchée comme celle des enfants, elle lui proposa encore une fois sa requête qui lui tenait tant à c½ur : « Tu veux bien v'nir avec moi au Night Club et participer au concours ? S'te plait, s'te plait, s'te plait, s'te plaiiit ! ». Will resta muet et décontenancé quelques secondes, la regardant toujours d'un air perplexe avant de finir par éclater de rire, Charly le suivit, riant aux éclats. Cette dernière reprit ses esprits la première, arborant alors une tête on ne peut plus sérieuse, comme celle que font les femmes d'affaires lorsqu'elles discutent du prix de vente d'un produit qui pourrait rapporter gros à leur société, les bras croisés, le regard pénétrant. Elle attendit que Will se calme, ce qui ne tarda pas, puis lui parla, fixant ses yeux, presque noirs, en face.

-Alors ?
-Alors quoi ? demanda innocemment Will.
-Tu viens ou pas ? s'impatienta Charly.

_____Il baissa la tête, la releva, la tourna de droite à gauche, le regard dans le vague, scrutant un point vide situé juste au dessus de l'épaule gauche de Charly, la rebaissa se triturant les pouces dans un geste indécis, ouvrit à plusieurs reprises la bouche mais se contenta de la fermer comme s'il cherchait ses mots. Il était vraiment bizarre. Jamais Charly ne l'avais vu aussi agité. Il n'était pas dans son état normal, elle en était sûre et certaine. Et encore une fois ces pensées obscures qu'elle s'était contentée de chasser quelques temps auparavant, revenaient au galop, martelant sa tête, comme si elles avaient l'envie irrépressible de lui donner une migraine. Elle essaya tant bien que mal de cacher son inquiétude face à son comportement inhabituel lorsque, finalement, il la regarda à nouveau dans les yeux. Elle savait qu'il lisait en elle comme dans un livre ouvert, et cela rendait les choses encore plus compliquée... Il s'était sûrement rendu compte de quelque chose car il l'observa longuement avant de lui répondre.


-Tout dépend...
-Tout dépend de quoi ?, dit-elle en reprenant sa phrase.
-Tu as l'autorisation d'y aller ?, continua-t-il.
-Bien sûr que non, je ne l'ai pas l'autorisation !, s'indigna Charly levant les yeux au ciel, qu'est-ce que ça peut faire que je l'ai ou non ?!

_____Il parut aussi indigné qu'elle, et poursuivit sur le ton de la conversation, s'écriant :

-Ca fait que tu n'as que seize ans, Charly !
- Tu n'as que dix-sept ans, Will ! C'est exactement pareil !, s'emporta-elle.

_____Elle se leva un air furibond au visage, prit son grand sac en toile en l'attrapant rageusement, fourra violemment sa bouteille d'eau dedans, ne prenant pas compte des mèches de cheveux collant par mégarde à ses lèvres humides. Elle adressa un regard noir à William, et s'en alla d'un pas raide, la tête haute, ses longs cheveux étincelaient au soleil, en tournoyant dans son sillage. Will n'avait même pas eu le temps de dire un mot que sa silhouette se rapetissait à vu d'½il. Il se leva à son tour et s'élança à sa poursuite. Les gens assis autour dans la pelouse n'avait pas le moins du monde, remarqué leur dispute, le soleil tapait trop fort et, pour la plupart, la chaleur de celui-ci avait un effet de somnolence aiguë.

_____Enfin, il la rattrapa. C'est qu'elle marchait vite sa fleur ! Essoufflé et haletant, il arriva à sa hauteur, lui attrapa le bras, pour l'obliger à s'arrêter et se retourner. Elle se tourna, comme il l'avait prévu, et se dégagea aussitôt de son emprise. Ses yeux lançant des éclairs sur tous les fronts, elle se remit en marche mais c'était sans compter l'obstination sans limite de son ami. Il l'empêcha d'avancer en se plantant droit comme un piqué sur son chemin, lui barrant la route. Elle soupira, toujours en colère contre lui et lui demanda de se pousser. Il ne bougea pas d'un poil. Et quand elle comprit que jamais il ne la laisserait passer tant qu'elle ne l'aurait pas écouté, elle resta immobile comme une statue devant lui, croisant les bras d'un air résigné. Voyant qu'il n'y avait plus aucun risque de l'approcher, il s'avança d'un pas, réfléchissant sur la manière d'agir. Oh et puis merde, se dit-il, autant y aller franchement et sincèrement.


-excu...
-...Pourquoi est-ce que t'as tout fichu en l'air ?! s'exclama-t-elle sans même lui laisser le temps de finir sa phrase, On n'était pas bien là bas ? Bien sûr que non, il a encore fallut que tu me parle –sans vraiment m'en parler je le conçois mais c'était quand même révélateur, ne le nie pas ! - encore de lui ! Tu crois que ça ne me suffit pas de voir son horrible de face d'hypocrite sur tous les murs de cette ville, à cause de cette foutue campagne électorale ?! Mon père est en phase à devenir le maire de New York, Will ! C'est la pire chose qui puisse arriver à cette ville, tu m'entends ? Alors ne ramène pas son nom, -ou n'importe qu'elle autres allusion à lui – sur le tapis ! Surtout s'il s'agit d'une autorisation quelconque ! Tu crois vraiment que j'vais aller lui demander la permission de sortir alors qu'il se contrefiche de moi ? Je...

_____Elle ne put continuer bien longtemps sa phrase, Will avait employé les grands moyens et l'avait embrassé, prenant son visage entre ses mais, et la faisant taire par la même occasion. Elle fut d'abord surprise et avant même de penser à le rejeter, elle sentit une douce chaleur l'envahir, comme si le contact entre ses lèvres et les sienne l'avait réchauffée de l'intérieur. Elle se sentait fondre. Bien entendu, elle ne pouvait rester indéfiniment en colère contre lui, mais un simple baiser de pouvait pas le faire gagner ! Non, Non c'était trop facile, et elle le savait. Mais si elle restait butée sur ce simple point évoqué, ce serait elle qui aurait pleinement gâché leur journée.

_____Une fois leur échange terminé, Will lui prit la main et ils décidèrent de retourner à l'ombre de l'arbre qu'ils avaient occupés quelques instants avant. Sur le chemin du retour, lorsqu'ils se dirigeaient vers l'arbre inoccupé, Charly marmonna assez fort pour que William l'entende, un léger sourire au visage :

-C'était trop facile.
-Peut-être, mais efficace ! répliqua Will aussi doucement qu'elle.


_____Charly le regarda du coin de l'½il, il souriait et affichait son petit air suffisant remplit d'arrogance mélangée à de la désinvolture. Totalement exaspérant ! Mais qu'est-ce que cela lui allait bien. Elle hocha la tête de droite à gauche ayant l'air de dire qu'il ne changerait jamais, en étouffant un rire.

-Au fait, tu n'm'as toujours pas répondu...
-...Oui, t'inquiètes pas ! J'vais le faire ton concours, vas !

_____Elle s'arrêta net et le scruta de ses yeux pétillants puis le gratifia en l'embrassant bruyamment sur sa joue. Ils continuèrent de marcher, lentement, le silence s'intallant entre eux. Comme ils l'aimaient.

-Le programme est libre, tu choisis c'que tu veux comme chanson, de ta composition ou non. Au moins il n'y a pas d'obligations, c'est bien, non ?

_____Elle lui avait posé la question tout en continuant de marcher vers leur place favorite, la tête dirigeait droit vers l'horizon. Une...deux...trois...les secondes s'enchainèrent sans jamais y avoir de réponse, Charly finit par détourner la tête vers lui. Son sourire s'effaça. Encore ailleurs.

_____Pendant quelques instants elle l'avait retrouvé, lui ! Le vrai William Davis, celui qui était là, qui la faisait rire et qu'elle aimait. Pas celui là ! Celui qui était là sans être là, les traits maussade et fatigués, l'esprit complètement ailleurs. Il n'avait même pas remarqué qu'elle le fixait, depuis maintenant près de cinq minutes, examinant avec minutie chaque centimètre carré de sa peau comme si elle pouvait y déceler un quelconque indice. Il semblait réfléchir, le regard se perdant dans ses pensées.

M a i s . q u e l l e s . p e n s é e s . ?





-------------------------------------------------Partie o2 :



En écoutant : Red Hot Chili Peppers - Otherside



_____On était Jeudi soir. Vingt et une heure moins cinq précise. Les deux silhouettes se dirigeaient vers ce qui ressemblait à un bar-boîte de nuit spécialement prévus pour les adolescents, qui était –soit disant– « sans alcool ». Le Night Club. Ce genre d'endroit fleurissait un peu partout dans la ville, en ce moment. Mais le meilleur était sans conteste celui-ci. Les autres donnaient l'impression de n'être qu'une pâle copie de l'authentique N - C.

- Will ? Will, tu m'entends ? demanda Charly, s'exaspérant de plus en plus face à son mutisme constant.
- Euh...Oui, oui j't'écoute, excuse-moi. Je...je pensais, à... à des choses.
- Ouais ... c'est justement ça le problème... « Des choses... », marmonna à voix basse Charly pour qu'il ne l'entende pas.
- Tu me disais ?
- Je te disais juste qu'on était presque arrivé, lui répondit-elle froidement.


_____Il ne releva pas son ton inhabituel et se contenta d'émettre un « ah. » faible. Ils continuèrent de marcher côte à côte, bizarrement distant l'un de l'autre, ne se disant plus un mot jusqu'à qu'ils soient arrivée au point de ralliement. Depuis dimanche après midi, ils s'étaient vus presque tous les jours - pour ne pas dire tous les jours- et à chaque fois qu'ils se voyaient, Will était comme absent. C'était comme s'il était là physiquement mais pas psychologiquement parlant. Quelque chose le tourmentait c'était sûr, mais Charly ne lui avait toujours pas posé cet question qui lui brûlait tant les lèvres, pensant que tôt ou tard il lui dirait. Elle avait confiance en lui après tout. Pourquoi pas lui ? ... Une question qui en enchaine une autre : Mais s'il avait confiance en elle, pourquoi ne se livrait-il pas ? C'était peut-être ça après tout. Peut-être qu'il pensait que Charly n'était pas assez digne de sa confiance ? Tout ça finissait par la frustrer, elle s'efforçait de penser qu'il lui dirait, parce qu'il savait bien qu'il pouvait tout lui dire. Absolument tout. Mais l'attitude de Will commençait à la lasser, elle en avait plus qu'assez. Que ça cesse ! Oui, c'est de ça dont elle avait besoin. Que tout ça cesse...

_____Elle aurait donné cher pour pouvoir discuter avec le « vrai William ». Par moment elle avait tant l'impression d'être avec un inconnu que cela en devenait même frustrant. Et il n'en résultait rien de bon. Jamais rien de bon. Des disputes à n'en plus finir, des disputes déclenchées pour un rien. Des disputes toujours plus longues, toujours plus violentes, et inutiles. Les deux êtres semblaient avoir les nerfs à fleur de peau. C'était lui qui avait commencé, pensa Charly, sur le chemin menant au Night Club. Et comme ils étaient tellement proche l'un de l'autre, le moindre changement d'humeur de l'un se répercutait sur l'autre. Un peu comme s'il avait déteint sur elle. Parfois la tension qui s'était installée entre eux était tellement oppressante qu'ils ne se parlaient plus pendant quelques fois plus d'une heure avant de repartir sur de meilleures bases.

_____Elle en finissait presque par regretter de lui avoir proposé d'aller avec elle au Night Club. Elle aurait peut-être été mieux sans lui... Pourquoi ne lui demandait-elle pas ? Cela aurait sûrement été beaucoup plus facile. Mais non, elle s'entêtait, persistait à espérer qu'il lui dirait tout... Têtue ? Oh oui, elle l'était, attendant encore et toujours patiemment dans son coin, qu'il lui révèle enfin la raison de son état anormal. Mais lui ne laissait rien filtrer. Jamais. Alors elle commençait à perdre patience, l'illusion qu'il lui aurait peut-être dévoilé ses secrets ou craintes, elle ne le savait pas au fond, semblait devenir de plus en plus naïve dans l'esprit embrouillé de Charly. Elle commençait même à penser qu'elle l'était vraiment. ------------------Naïve & Puérile. Trop jeune, peut-être ? Après tout elle n'avait que seize ans comme lui avait gentiment fais remarquer Will...

_____Sans doute, vous demandez-vous pourquoi est-ce qu'elle passait ses journées avec lui s'ils ne se supportaient plus mutuellement... ? Eh bien, bizarrement, elle préférait encore rester avec lui que de ne plus lui parler et finalement rester coincer à bouillonner de rage dans sa chambre, les photographes et autres journalistes ne cessant de vadrouiller dans leur grand appartement, à cause de « cette foutue campagne électorale » comme elle l'appelait. Alors, oui, autant extérioriser sa fureur... Les jours défilaient les uns après les autres, se succédant apathiquement... Arrivé au mercredi soir, l'espoir qu'elle avait entretenu intérieurement commençait à s'éteindre sérieusement. Elle en était alors arrivée à la conclusion qu'il ne lui dirait pas, pas de lui-même du moins... Et pour elle, cette situation avait assez durée, alors elle allait précipiter un peu les choses, s'il ne voulait pas lui dire... c'était elle qui le lui demanderait. Jeudi soir, en profitant de la soirée, c'était-elle dit.

_____Nous voilà d'ailleurs retournés à se fameux soir. Celui de toutes les révélations ? Peut-être bien. Jeudi soir. Vingt et une heure moins cinq précisément. Un mince laps de temps plus tard, ils se retrouvèrent devant l'enseigne du Night Club, le nom du bar formé par des néons criards. Une queue d'une quinzaine de mètres s'était déjà formée à l'entrée, constituée de jeunes personnes, toutes aussi friandes, les unes que les autres de ces concours musicaux. Certains pour y participer – quoi de mieux que de gagner et réaliser son rêve ?-, d'autres simplement pour le plaisir de découvrir de jeunes interprètes, dont-il seront les premiers fans, et il y a encore une dernière catégorie de personnes, celles qui prennent un malin plaisir à décrédibiliser les participants, en leur lançant des quolibets à outrance. Je ne vous cache pas que cette dernière catégorie ne logeait pas bien haut dans l'estime de Charly (pour ne pas dire, qu'elle ne logeait pas du tout dans son estime). Elle les trouvait terriblement immature...

_____Le videur était occupé à vérifier l'âge de chacun de sorte à ce qu'il n'y ait personne dans l'enceinte du bar ayant moins de seize ans, tandis que Charly et Will se contentaient de passer en dehors de la file et d'arrivée discrètement à la hauteur du videur à la taille d'un camping car. C'était Ralf. Mettant de côté les multiples cartes d'identités qu'il examinait dans ses mains (qui soit dit en passant, étaient aussi grandes que le couvercle d'une poubelle), il adressa un regard furtif à la jeune brune et son ami. Il salua Charly et William avec un signe de tête. Ils étaient des habitués et Ralf les laissa passer sans encombre avant de se remettre aussitôt à ses cartes d'identités.

_____Il faisait chaud à l'intérieur, la salle s'étendait sous plusieurs mètres carrés sous leurs yeux, il y avait même une espèce d'étage supérieur faisant office de grande mezzanine. Les lumières tamisées apportaient un peu de douceur à l'endroit, les pistes n'étaient même pas encore allumées, la musique tournait en sourdine, personne n'y prêtait encore vraiment attention. Mais les multiples tables circulaires commençaient déjà à se remplir de petits groupes d'amis. Le barman, quant à lui, s'affairait à finir d'essuyer les quelques verres restants, et de vérifier les réserves de boissons. Pendant que William cherchait leurs amis, Charly tourna vaguement le visage vers la scène. Un rideau gros bleu tombait élégamment en toile de fond tandis que quelques techniciens se donnaient des directives communes pour que tout soit prêt lorsque les concourants passeraient sur scène.

_____Finalement, bien qu'elle ne sache pas très bien pourquoi, elle n'avait plus vraiment envie de participer... Elle pressentait quelque chose. Non, cette soirée n'allait pas être au beau fixe. Il aurait bien mieux valu qu'elle rentre pendant qu'il en était encore temps... après tout, il n'y avait pas d'obligation de participation. La liste d'inscription n'avait été établie simplement pour pouvoir avoir une estimation des participants... Quant aux autres... Il ne lui serait pas bien dur de prétendre à des maux de têtes affreusement douloureux. Et puis Will et ses pensées... Oh ! Qu'il aille se faire voir !, pensa Charly. Même si l'envi de savoir lui tiraillé l'esprit, elle détourna la tête en direction de la porte de sortie. Elle se fraya un chemin parmi la foule qui affluait, se rapprochant de plus en plus de cette porte, irrésistiblement attirante. Vite, vite ! Elle n'était plus qu'à quelques pas...


- Charly !

_____Elle se figea. Cet endroit ne voulait résolument pas la laisser partir... Elle se retourna et un poids s'enleva de son estomac. Ce n'était pas William. Devant elle se dressait un homme aux cheveux blonds, doté d'un superbe balayage californien. Il lui adressa un large sourire dévoilant ses dents d'une blancheur écarlates. Ses yeux bleutés pétillaient de malice, il semblait l'examiner sous toutes les coutures. Elle. Elle, avec sa veste noire par-dessus son débardeur blanc, son slim troué à certains endroits, ses bottes également noires ainsi, que ces multiple colliers et bracelets en perles (sans oublier son bandeau rouge dans ses cheveux sombres), Charly avait l'air d'une vulgaire adolescente -en aucun cas distinguée- des quartiers de la... basse société comme le disait son père, bien entendu, elle aurait pu faire un effort vestimentaire... Elle allait quand même passer sur scène ! Mais non, quel intérêt ? Elle aurait très bien pu aller chanter sur scène en guenille, ça n'aurait pas changé grand-chose... A quoi cela servait-il de se faire belle si la seule personne à qui elle tenait comme à la prunelle de ces yeux, ne la voyait pas...ne la voyait plus ?

_____Les vêtements qu'elle portait paraissaient de plus en plus piteux par rapport à ceux qui ornaient le blondinet. Il se rapprochait de son pas conquérant, dévorant chaque parcelle du corps de la brune de ses yeux azurs, Charly ne bougeait pas, esquissa un sourire à la vue de la sublime veste de costume –qu'il avait sans doute payé six-cents dollars- posée par-dessus le tee-shirt orné du sigle des Rolling Stones ( la fameuse bouche ouverte avec une langue ), un jean de marque tombait sur de –très- belle paire de basquets blanches écarlates. Charly esquissa un mince sourire lorsqu'ils se firent la bise...

- Salut, Jake, dit Charly.
- Bah alors qu'est-ce qu'on fait ? On essaie de s'en aller en douce, hein ?!
- Euh..., commença Charly en souriant plus largement, c'était pour aller prendre l'air, il fait un peu chaud ici,mentit-elle.
- Ah, je préfère ça, mon père s'rait pas très content s'il savait que la fille du futur maire se tire en plein milieu du concours qu'il organise alors qu'elle s'est inscrite ! , taquina ledit Jake en lui faisant un clin d'½il accompagné d'un sourire en coins.
- Ouais...enfin bon, j'imagine que maintenant j'suis un peu obligée de rester pour passer, hein ?!
- T'as exactement raison, héhé, 'pas pour rien que j'suis venu assister au concours quand même ! Si tu partais je n'aurais pas beaucoup de raisons de rester ici... hors j'ai l'impression que j'ai une touche... là-bas (il montra la direction d'un regard.).
- Et si c'était juste une impression ?, se moqua Charly un instant après avoir vu la sois disant touche de Jake.
- Oh, t'inquiète pas pour ça, personne ne résiste à mon charme !, rit-il avant de continuer, Mais détourne pas la conversation, tu sais bien où est-ce que je voulais en venir.
- Oui, je sais, j'vais très bien, t'inquiète pas pour moi.

_____Ils continuèrent à discuter ainsi pendant encore quelques minutes quand Jake lui dit : « Euh, on s'voit plus tard... Je crois que ton copain te cherche. ». Il lui adressa un sourire, et Charly le soupçonna d'aller voir la petite brune qu'il lui avait montrée d'un coup d'½il pendant leur conversation ; et dès que le contact fut rompu elle retrouva sa moue désenchantée. Elle se détourna de l'endroit où Jake se tenait il y avait à peine quelques secondes et se fraya un chemin parmi la foule, s'éloignant de sa sortit de secours... Moins d'un instant plus tard, non loin d'elle, elle vit le visage aux traits tirés de Will. Lorsqu'il l'a vit, Will lui prit soudainement la main en l'entraînant dans un coin de la vaste salle, il semblait qu'il avait trouvé les autres...

______Brusquement, elle se rendit compte que ses mains d'ordinaire si douces avec les siennes, n'étaient plus. Si elle n'avait pas su que la personne lui tenant la main n'était autre que son prince à elle, Charly aurait eu l'impression d'avoir un corps étranger au creux de ses doigts. Alors voilà ce qu'il était devenu pour elle... Un étranger. Mais peu importait, Charly avait décidé de rester...De toute façon, le destin ne voulait pas qu'elle s'en aille, alors à quoi bon lutter ?

_____En effet, Will avait bel et bien trouvé ceux qu'ils recherchaient. Une petite bande d'ami discutait tranquillement autour d'une table vernie, riant de temps à autres, confortablement installés dans de somptueuses banquettes en cuir, chaque membre de la formation participant énergiquement à la conversation. William et Charly prirent place autour de la table, et oubliant tout de ses soucis, Will se remettait à rire, levait son verre à tout va pour un toast burlesque, parlait activement du dernier match de basket de la saison, se moquant de la défense peu fiable de l'équipe adverse, avec ses amis. Tout lui paraissait si beau. Trop beau. Il se détourna un instant de Seth, Taylor et Rachel, et croisa furtivement le regard de sa fleur. Vides. Ses yeux étaient vides. Charly n'avait plus ces étincelles. Vous savez, celles qui illuminent votre regard, lorsque l'être qui compte le plus au monde, à cet instant précis, vous regarde. Ces milliers d'étoiles ne flamboyaient plus de milles feux. Alors, non. Non. Tout n'était pas beau.

_____Dire qu'il ne s'était pas rendu compte que leur relation n'allait plus aussi bien qu'avant, serait mentir. Elle avait beau, lui adresser un mince sourire, son regard ne trompait pas. Ses yeux ne mentaient jamais. Pas à lui. William finit par ciller, il baissa la tête et essaya de se concentrer sur les mouvements que faisaient les fins doigts de Charly sur une rose, placée là en guise de décor. Ses doigts s'affairaient, tels des automates, tantôt en caressant les pétales rouge sang, leurs prodiguant des gestes circulaire, tantôt en faisant passer la tige entre ses doigts, contournant soigneusement les quatre épines semblables à des lames tranchantes et aiguisées. Un peu comme si elle caressait l'Amour, le repirait, l'envelopait, contournant avec habileté ses obstacles mortels... Etait-ce un présage quelconque ? Rachel le sortit de sa contemplation, posant une question qu'il n'entendit que de loin...trop plongé dans ses songes, sans doute.


- Ceux qui participent ne doivent pas se rendre quelque part pour le programme ?, demanda-t-elle à l'adresse des deux participants.
- Euh..., commença Will avant que Charly ne l'interrompe.
- Si. On doit se rendre aux loges, là bas ils nous donneront les ordres d'entrée sur scène, Jake me l'a dit.
- Et vous comptez y aller quand ça aura déjà commencé ou ...? lança Taylor au beau milieu de la conversation.
- En fait...T'as raison, j'vais y aller maintenant, répondit Charly, se levant et partant, avant même que Will n'ait eut le temps de dire un mot.


_____William la regarda s'en aller. Son corps semblait être absorbé par la foule déjà présente. Il déglutit difficilement. Quelques temps avant, elle lui aurait tendu la main, un large sourire aux lèvres, lui proposant d'y aller avec elle. C'était bien ça le problème : Quelques temps avant. Cela n'était plus le cas. Elle ne lui avait pas adressé le moindre regard. Pas un seul. Partant, sans rien dire. S'éloigner de lui le plus vite possible. Voilà surement ce qu'elle voulait. Il la comprenait, après tout. S'il avait été à sa place, il aurait réagis exactement pareil. Tout était de sa faute. C'était plus fort que lui, il n'arrivait pas à lui dire. C'était tellement, invraisemblable ! Que ça lui arrive, à Lui !

_____Ce n'était pas qu'il n'avait pas confiance en elle. Non, bien au contraire... Mais l'accepterait-elle toujours si elle savait ? Est-ce qu'elle l'aurait vu de la même façon ? Est-ce qu'elle le jugerait ? Est-ce qu'elle lui collerait une étiquette sur le front, la cataloguant comme le font, le plus souvent, ces gens incompris des adolescents, oui... vous savez, un peu comme...les adultes ? Il n'en avait aucune idée... Aucune. Alors il avait...La Trouille. Oh oui, il avait peur. Tellement, peur. Peur de sa réaction. Peur de l'inconnu qui l'entourait, comprimant ses poumons, l'oppressant... Il savait, pourtant, que tôt ou tard, elle saurait. Elle saurait toute la vérité. Absolument toute. Et l'horrible vérité de cette phrase, lui inspirait un effroi glacial. Le Regret l'envahissait à nouveau. Tant de geste, de mots, de phrases, de regards, qu'il aurait changé, qu'il aurait préféré essuyer d'un revers de main si l'action lui avait été possible. Il regrettait aussi le temps où sa fleur pouvait encore lui faire passer un message dans une chanson, un message que lui seul pouvait comprendre...

« Because of you
A cause de toi
I forgot the smart ways to lie
J'ai perdu mes brillantes habitudes de mentir
Because of you
A cause de toi
I'm running out of reasons to cry
Je suis à court de raison de pleurer
»


_____Après avoir demandé son chemin deux fois, Charly déboucha dans un dédale de couloir éclairé par des néons blanc. A fleur de peau, profitant du sujet abordé, elle avait préféré s'esquiver de la table. C'est fou comme votre monde peut changer en quelques jours... Et dire qu'une semaine avant, elle riait encore aux éclats lorsque William effectuait des pas, plus qu'approximatifs, de danse, qu'elle-même tentait de lui apprendre...Elle n'y croyait presque pas...Se demandant comment cela pouvait être possible. Elle finit par trouver le responsable des ordres de passages qui lui donna toutes les indications dont elle avait besoin. Rebroussant chemin, elle s'arrêta à hauteur d'une porte entrouverte. Une pancarte collée à la va vite avec deux malheureux bouts de sparadraps, affichait :

« Loge réservé aux participants,
Ne pas déranger, merci.
»

_____Différents bruits s'en échappaient, quelques notes musicales transgressaient le brouhaha émit par les personnes présentes, attirée par ce joyeux chahut, Charly poussa légèrement la porte et parvint à ce glisser à l'intérieur. Après tout, elle était une des participantes et avait tout à fait le droit de pénétrer dans la pièce. L'atmosphère était à la fête, certain profitait de cet instant pour rencontrer de nouvelles têtes, d'autres simplement pour s'amuser le temps d'une soirée, annulant toute compétition entre eux.

_____Dans le coin opposé de la vaste pièce, un son se démarquait des autres...Semblable à un gazouillement proche d'un petit rire étranglé. Mais ce n'était pas un rire comme les autres. Charly se fraya un chemin jusqu'à l'objet de sa curiosité et remarqua une sorte de couffin noir, posé négligemment sur une table. Elle se rapprocha encore un peu, assez pour distinguer la petite forme, bouger fébrilement ses petits poings. A côté, une jeune fille paraissant aussi âgée que Charly, s'était adossée au bord de la même table, lorgnant d'un ½il morne de l'autre côté de la pièce, la petite foule surexcitée.


- Il est tout seul ? lui demanda Charly.
- Nan. Elle est pas toute seule. Sa mère est sortie je crois. Et elle m'a demandé de surveiller ce truc, grogna son interlocutrice de sa voix nasillarde.
- Ce truc...Oh...d'accord...répondit Charly, ne sachant que dire d'autre.

_____Tout à coup, celle que Charly avait nommé intérieurement comme la baby-sitter louche, se détacha de la table, et se dirigea droit vers la porte après avoir préalablement prévenu Charly qu'elle allait chercher un verre. La fille à la chevelure noire préféra ne pas lui faire de remarque au risque de se retrouver à jouer devant le parterre de personne avec un ½il au beurre noire, car il était tout de même vrai que cette pseudo baby-sitter sentait déjà l'alcool à plein nez. Peut-être que Charly finirait sa soirée comme elle...s'enfilant verre après verre. Sait-on jamais ! L'avenir est une chose bien incertaine qui nous réserve pleins de surprises. Charly allait peut-être en faire les frais...ou peut-être pas.

_____Profitant de l'absence de la « nounou », Charly s'avança, observant longuement l'enfant. Elle devait avoir à peine un an. Ses yeux d'un brun pétillant et extrêmement foncés lui rappelaient vaguement quelqu'un. Hormis ce détail, elle avait des cheveux d'un blond pur... elle suçotait de temps à autres un hochet dont l'embout émettait de drôles de bruit lorsqu'elle le secouait et réagissait, étirant ses fines lèvres rosées en un large sourire, suivit d'un son clair comme cristallin ; son rire. Elle approcha sa main, voulant caresser les joues joufflues de l'enfant. Mais avant qu'elle ne puisse atteindre sa douce peau rosée, la petite fille avait déjà agrippé son index en le serrant bien fort avec son minuscule poing. Elle balançait la main et l'index de Charly de droite à gauche puis de gauche à droite en riant aux éclats...Quelle était belle ! Aux yeux de Charly...c'était une avalanche de sensations, provoqué par ce petit bout d'humanité. Elle ne le savait pas encore, mais c'était exactement cet être qui allait devenir ...


__________S o n . p e t i t . A n g e ....





N o a .




_________




Bonsoir ! Ou bonjour...enfin, 's'en fou final'ment --.
Z'avez vu comment j'assure dans le temps entre les postages ? xD
Non mais bon, on va dire que c't'ait pour me rattrapper d'la fois d'avant ^^
Bref, passons, encore une fois, on s'en fou de c'que j'raconte là -_-.
Z'avez aimé la suiite :D ?
Je sais que pour l'instant vous devez sûrement avoir l'impression que je passe d'un sujet à l'autre, puisque là, on ne parle même pas de Lacey et Noa... U_U .... mais vous inquiétez, je sais c'que j'fais ... xD, j'avoue c'est très rassurant ><' ( non mais moi j'f'rais pas confiance si j'étais à vot' place, hein o_o ! *ZBAFF* ).
Bon allé, trève de connerie x)
Vous vous posez des questions sur certaines choses concernant la fic ? Ou me concernant moi ( 'peux toujours espérer, hein UU' ) bah.. posez -les ! ... Oui, j'aime les questions... niahaha *CHBAFF* ! Donc... oui, je VEUX et j'exige des questions *BAAAFFF* !!
Bref, bref, bref... si vous voulez voir la robe que porte Charly dans ce passage, c'est ici ! Voilà ^^ ! Oh et... je voulais aussi vous demander : est-ce que vous voulez des photos représentant les personnages de l'histoire ( donc, Charly & cie ) ou pas ?
6 commentaires, cap ? 50 commentaires pour la suite ?
Est-ce que je pourrais avoir -si possible- des commentaires construtifs ? *.*... m'enfin... j'ai dis "si possible" donc, pour celles qui pensent qu'il leur faudra faire un effort vraiment surhumain... bah tant pis >< et merci pour les autres (L'), 'fin j'en profite pour vous remercier toutes ( tous ? Non faut pas rêver -_- ) ! Donc, bah Mercii <3 à celles qui sont toujours là, même après mes nombreux retards ! J'vous remercierez jamais assez !
Sur ce, pleins de bisous, je vous laisse <3




Reu'h.
Bonjour, bonjour, ou bonsoir, j'en sais rien.
Vous allez bien ?
J'espère en tout cas. Enfin, je parle, je parle mais j'sais même pas, si vous viendrez --', après deux mois, vous m'avez peut-être oubliées =o. Merci à celle qui sont toujours là, même quand je poste après deux mois de retard =). La suite et fin du chapitre vous plaît ? J'ai fait long en plus 8D 'fin, en même temps, j'crois que si j'avais fait court en deux mois, là, j'aurais vraiment été impardonnable m'enfin --', j'ai fait long x]. Brayf'. Vous commencez à mieux comprendre le rapport entre ce chapitre et celui d'avant maint'nant ? ; ). Bientôt ce s'ra la fin de l'intrigue " Lacey - Noa " héhé. Y'en a qu'on déjà la bonne idée en tête, d'après ce que j'ai vu, tant mieux, j'vois que vous suivez mon raisonemment, pis pour celle qui savent toujours pas, ou qui sont total à coté d'laplaque, bah c'pas grav' xD viv' le suspens niahaha !
Pour le prochain chapitre, je ne sais encore pas quand est-ce qu'il sera posté, mais il est en court d'écriture, voilà tout. Concernant les photos des personnages...Comme certaines préfère ne pas les avoir, d'autres le contraire, j'mettrait des liens, pour celles qui veulent, comme ça celles qui ne veulent pas les voir ne les verront pas ^^. Pour les commentaires, je ne demande pas de palier cette fois-ci, faites comme vous voulez ( je précise quand même, qu'il en faut au moins un pour que je puisse vous prévenir ) =].
J'vous fait des bises, merci encore et à bientôt :]
<3



-100-__-150-__-200-

# Posté le jeudi 21 août 2008 15:00

Modifié le mercredi 12 novembre 2008 06:33

__________________Before, my soul was filled with crystal light .... . Chapitre 18 . .Avant, mon âme était remplie d'une lumière de cristale__________________. .

__________________Before, my soul was filled with crystal light .... .    Chapitre 18  . .Avant, mon âme était remplie d'une lumière de cristale__________________. .
Rappel : en italique les souvenirs







-------------------------------------------------Partie o1 :



En écoutant : CocoRosie - Werewolf



Avant, mon âme était remplie d'une lumière de cristal... Dans nos nuits, les feux d'artifices sintillaient électriquement, et à nouveau, notre chambre se pâmait d'une nouvelle flamme, jeune et chaude...Embrasant cette languissante chanson nous mettant chair contre chair...Mais un beau jour ce coucher de soleil s'est brisé.

Maintenant cette même chambre semble vide d'amour, remplie du destin, elle nous apporte un mal de tête silencieux. Nos jeunes coeurs éclatants s'ouvrent petit à petit, des blessures de sang frais. Dans la pupille sombre de l'océan, le mensonge & le sommeil tentent d'anestésier nos souffrances mutuelles mais nous restons endormis s'éloignant l'un de l'autre...Je te secoue pourtant, mais toi, tu t'en vas, tu t'en vas, loin de moi, tu montes sur ce cheval et chevauches dans l'encien soleil couchant, sans regarder en arrière, presque sans remords. M'as-tu oublié ? C'est moi, je suis ta promise...Te souviens-tu ? Je n'en ai pas l'impression.

Maintenant... Le navire de cristal sur lequel tu m'avais embarqué, moi et notre histoire, tombe goutte-à-goutte avec la glace, et les diamants sintillent aux coins des mes yeux. La rivière de nos souvenir coulent près de moi, elle pleure toutes ces images que tu as oubliées. Dans le passé, j'ai juré de garder avec moi ce qui m'était sacré, mais j'ai échoué car tu m'as échappé. Maintenant, grâce à ta toi, je prie mon destin, le traversant sous la pluie, chantant inutilement oh jours heureux, comme si cela pouvait transformer mon futur. Je ne sais pas si tu ressens ce que moi je peux ressentir, j'aimerais te montrer les dommages que tu as causé en moi, mais mon coeur est trop endoloris pour que j'arrive à décrire ce que je ressens. Pourtant je vais quand même te décrire mon état actuel... A l'intérieur de mon coeur coulent des rubans de pluie couleur lavande, elles essaient de reconduire cet organe vital de ce combat mortel. Mon esprit, lui, essaie de cacher mes larmes dans un monde de rire. Puis ces taches à gauche de mon coeur sont les taches représentant les endroits dans mon âme qui ont été intoxiqué par ton ennivrant parfum...

Tu as soufflé à travers moi comme si tu trouais mon âme de balles. Tu m'as déchirée, comme on déchire un bout de papier et depuis j'ai mes rêves ne m'apportent que de la tristesse, et à cause d'eux, je pleure tellement de perles d'eaux que cela forme une pluie. Cette pluie remplie le lit d'une rivière entière, plus profonde encore que celle de nos souvenirs...Le chagrin coule en moi, comme de minuscules vagues de tremblements. Me comprends-tu maintenant ? Est-ce que tu comprends que c'est de ta faute si même les films les plus banals m'évoquent le passé ? Tu vois, ils me brisent si facilement avec leur générique d'amour merdeux...
Voilà, voilà comment je me sens. Tout ça à cause de ta personne. J'ai beau te le répéter, je n'ai pas, pour autant, l'impression que tu sais réellement ce que tu m'as fait. Le sais-tu ? Tu veux que je te le dise ? Je vais te raconter en quelques mots... Pour changer un peu du quotidien, du prince qui sauve la princesse, tu m'as poussée contre le bord d'une falaise alors que tu savais que j'en avait peur. J'avais peur du vide qui s'étendait sous mes yeux, et toi, toi cela te faisait rire... Puis comme si ce n'était pas assez, tu m'as laissé me briser à terre comme une maudite poupée de chiffon...dont l'âme était en cristal.







_____Noa. Ce nom était inscrit en mauve sur le sommet du hochet. Son plus beau et doux sourire sur les lèvres, Charly chuchota quelques mots...
« C'est beau, Noa ! Comme toi. »

_____Juste quelques mots venant du c½ur un peu trop serré, d'une jeune fille émerveillée par le petit bout d'être tout fait d'innocence qu'elle avait devant elle. Innocente. Mais pour combien de temps encore ? La vie lui enlèverait tellement vite ce brin de fraicheur qu'elle avait dans ses prunelles...tellement vite. Trop vite. Peut-être que ses yeux baigneront si souvent dans les larmes que l'on finirait par ne plus distinguer la moindre once d'innocence, peut être qu'on ne finirait plus que par voir la dureté de ce monde ... ? Oh non...non, non, Charly aurait tout donné pour que cet ange n'endure pas ça. Charly ne voulait pas qu'elle lui ressemble...Car il était vrai qu'au fond, le portrait que se faisait Charly d'elle n'était pas très réjouissant...

_____Qu'était-elle ? Une jeune fille égoïste, égocentrique, inconsciente, à demi toxicomane et déprimée, ne se rattachant qu'à un tout petit et infime espoir...son c½ur demeurait encore en un seul et même morceau. Mais vous pensez bien qu'il était fragile. Peut-être même un peu plus ces derniers temps. Un peu trop. Un c½ur, instable, tel une petite boîte refermant tous les sentiments les plus profonds qui pouvait la consumer de l'intérieur, une boite de Pendore qu'il n'était pas bon d'ouvrir ; aussi fragile qu'une boite de cristal jouant les équilibristes sur une pile de livres posés les uns sur les autres un peu « n'importe comment ». Une pile de livre écrit à l'encre de sa vie. Sa courte vie. Mais il y avait tellement à dire, tellement à raconter, montrer...Tellement ! Peut-être trop de choses ? Oui, peut-être bien, son c½ur aurait bien besoin de faire le vide, elle ne pouvait rien faire, tout tournait, tournait, tournait...c'était l'orgie dans sa tête. Un fabuleux fouillis. Elle avait grandit trop vite. Dépassée par les évènements...Dépassée par Lui. Dépassée par son monde. Peut-être même par elle-même... Beaucoup de « peut-être », de supposition, d'interrogation, et pas assez de convictions...Mais n'était-ce pas justement ça après tout? C'était Elle. Jamais sûre de rien, avançant suppositions après l'autre, pénétrant le chemin tortueux et sinueux que le destin lui avait tracé...
[...]

_____Charly se retourna. Elle avait sentit que l'attention de l'enfant s'était détourné même si ce dernier continuait de tenir toujours fermement son index. En effet, la baby-sitter arrivait, trainant des pieds, l'air avachi sur elle-même. Charly s'écarta de l'enfant, suivant des yeux celle qui était chargée de s'occuper de lui. Elle aurait tant voulu rester encore un peu avec son ange. Juste un peu. Cet ange qu'elle était sûre de revoir. Que ce soit le lendemain, ou dans six ans, elle savait qu'elle la reverrait un jour. Elle l'avait vu, aujourd'hui, à cette soirée précisément, alors que tout son monde basculait sans qu'elle ne puisse le contrôler, obscurcissant un peu plus à chaque seconde la lumière qui entourait sa vie. Vous voyez bien ce que je veux dire...

_____Cette lumière, pas n'importe laquelle, non, non, celle qui vous donne cette impression de clarté incroyable, que vous êtes sûr de vous, que rien ne peut vous atteindre, vous êtes forte, parée contre toutes attaques extérieures... Quand tout va pour le mieux. Vous voyez de qu'elle lumière je veux parler maintenant ? Eh bien la chute de son monde avait laissé s'échapper cette sensation de bien-être en arrière. Elle l'avait laissé en haut de la pente, elle l'avait laissé hors de l'eau, alors que le reste ne faisait que couler dans les méandres d'une eau sombre. Mais voilà, il y avait eu Noa. Et là...Et là, la surface ne lui avait jamais parue aussi proche que depuis un certain nombre de jours. Noa, tout ça à cause d'elle. Elle avait éclairée l'eau dans laquelle Charly voyait ses repères disparaitre, l'avait réchauffée. De l'Espoir ! Alors, Charly se disait que si elle avait rencontré Noa dans cette période spécifique de sa vie, ce n'était pas un hasard. Charly ne croyait pas au hasard. Tout avait un sens. Absolument tout.

- Y'a un grand brun qui t'cherche j'crois, annonça la baby-sitter en regardant Charly du coin de l'½il.

_____Charly tourna vivement la tête. « Un grand brun ? » répéta-t-elle dans sa tête. Elle pensa immédiatement à William. Peut-être qu'il s'était décider à lui parler ? , se dit-elle un élan d'excitation la parcourant à grands frissons. Devait-elle aller à sa rencontre ? Elle n'arrivait pas à se décider. Son fort intérieur l'avait délaissé, elle n'avait plus cette petite voix qui d'habitude la guidait. D'un côté elle ne voulait pas y aller et rester avec Noa, mais de l'autre, elle se disait que, s'il avait enfin décidé de lui faire confiance, il pouvait à tout moment changer d'avis, alors qu'elle, resterait là à débattre intérieurement sur le sujet. Son regard tomba sur sa main. Plus spécialement son index. Noa le tenait toujours, mais comme si elle avait compris l'enjeu de la situation, elle libéra le doigt, portant à nouveau son hochet à sa bouche rosâtre. Comme si, cette petite chose lui disait par ce geste, qu'il fallait qu'elle aille le voir, que c'était ce qu'elle devait faire. Charly sourit, on aurait dit que ce petit être comprenait ce que Charly elle-même n'arrivait pas à assimiler.

_____Elle avança parmi les participants, traversa la salle, pénétra le labyrinthe de couloir et après quelques secondes de recherche, tomba sur la silhouette longiligne qu'elle recherchait. Il se retourna et un sombre sourire parvint à éclairer son visage. Les deux jeunes s'avancèrent l'un vers l'autre. Will avait l'air encore plus tendu qu'à son habitude. Et si finalement, il n'avait jamais été question qu'il lui dévoile ce qui se tramait dans sa tête ?...

- Il parait que tu me cherchais ? demanda-t-elle calmement.
- Euh, ouais, mais en fait, non c'est bon, commença-t-il d'une vois égale à celle de Charly, J'savais pas où étaient les loges mais j'ai finis par trouver. Bref. Tu viens on y retourne ?
- Oh...Oh...euh, oui, oui je viens...

_____Déçue. Tellement. On aurait dit que ce destin prenait un vicieux plaisir à détruire chaque infime parcelle d'espoir qui naissait en elle. Était-ce juste une impression qu'elle se donnait elle-même ? Après tout cela venait surement d'elle... Elle n'avait qu'à laisser ces mots franchir la barrière de ses lèvres charnues...Mais non, non elle n'y arrivait, pas, c'était comme un blocage, vous comprenez ? Un peu comme si ces mots restaient coincés dans sa gorge. Dans son être entier. Comme si celui-ci se révoltait. Et même psychiquement elle n'arrivait pas à poser cette question, parce que ça aurait été pour elle, comme avouer qu'il n'y avait rien, que dorénavant, il n'y avait plus assez entre ces deux personnes pour qu'il puisse lui confier ses songes. Elle n'arrivait pas à se l'avouer à elle-même, elle n'y croyait pas, elle ne voulait surtout pas y croire. Comment y croire si elle..., elle, Charly, June, Evans, du haut de ses seize années passée à errer sur une Terre où elle ne trouvait pas sa place, si Elle avec un grand « E », l'aimait encore ? Car bien sûr qu'elle éprouvait encore ce fabuleux sentiment pour lui, dire le contraire aurait été très loin de la juste vérité. Elle l'aimait encore, mais pas comme avant.

_____Quelque chose avait changé. Mais qu'est-ce qu'elle pouvait bien y faire ? Elle avait beau essayer de lui dire, rien ne sortait, et lui...et lui, n'en parlons pas, il se voilait la face, elle en était persuadée, c'était son système de défense. De toute façon, ils avaient le même. Charly aussi se refermait sur elle-même refusant de voir les choses en face, telle qu'elles étaient véritablement. Elle le suivit au pas, laissant une certaine distance entre leur deux corps. Mon dieu, comme elle aurait voulu se rapprocher de lui, lui prendre la main, entrelacer ses doigts aux siens. Qu'il la prenne par la taille, qu'ils marchent côte à côte le long du couloir... Mais tout ça elle ne pouvait que l'imaginer...l'imaginer ou s'en souvenir. Elle ne savait pas lequel des deux choix lui faisait le plus mal. Imaginer lui laissait une petite porte, une petite goutte d'espoir, une petite goutte de cet élixir de vie. L'espoir que peut être, dans un futur proche, ils seraient à nouveaux comme ça. Voilà à quoi le fait d'imaginer la scène lui faisait penser...quant au fait de se souvenir... se souvenir de leurs silhouettes respectives, l'emmenait à penser que plus jamais ils ne seraient comme ça, qu'elle ne pouvait plus que s'en souvenir, parce que le fait de dire « eux » n'étaient déjà plus qu'un sombre souvenir.

_____Vingt minutes plus tard, ils étaient à nouveaux entourés de Rachel, Seth et Taylor. Will évitait expressément les regards envers Charly, mais celle-ci le cherchait, elle n'en pouvait plus, vraiment ! Il fallait qu'ils se disent autre chose, autre chose que « tu vas bien ? Oui moi ça va »...autre chose ! Ne pas parler pour se dire des banalités, non, parler, avoir une vraie discutions. Sur Lui. Sur Eux. Qu'étaient-ils, que deviendraient-ils ? Soudain leur attention fut détournée. En effet, les lumières éclairèrent la scène entière, la musique qui tournoyait en sourdine s'arrêta et un homme aux traits familiers apparu sur l'estrade, montrant au public son sourire « Colgate ». Charly le reconnu, c'était le gérant du Night Club, un homme proche de Daniel Evans, aussi riche et puissant que lui. De la même espèce. Charly ne l'aimait pas, il lui rappelait trop son père, et rien qu'à la vue de son sourire hypocrite, elle avait la sensation que son estomac se tordait dans tous les sens. Et dire que c'était le père de Jake ! Heureusement, lui n'était pas comme ça. L'homme souhaita à ses « invités » une excellente soirée et se retira dans l'ombre (au grand bonheur de Charly ) laissant place au présentateur attitré de la soirée, celui-là avait l'air beaucoup plus franc et sympathique...vraiment sympathique, pas du préfabriqué. Après quelques minutes, le premier participant était monté sur scène armé d'une guitare et avait ouvert le bal.

_____Les candidats défilaient les uns après les autres, le public quant à lui paraissait conquis, il est vrai que les participants étaient plutôt de bonne graine, ils allaient avoir de la concurrence ce soir, ce dit Charly à l'adresse de Will et d'elle-même. En parlant de Will... Cela faisait déjà bien dix minutes qu'il s'était absenté, c'était bien trop long, il ne partait jamais au beau milieu, comme ça, sans rien dire, ni à Charly, ni au autres. Décidément...Quelque chose clochait vraiment. Il fallait qu'elle le trouve. Elle se leva discrètement, chuchota quelques mots à l'oreille de Rachel pour la prévenir, et s'en alla en direction des loges. Il lui semblait l'avoir vu se diriger par là-bas, lorsqu'il avait quitté précipitamment la table et ce, juste après qu'un serveur lui glisse une espèce de bout de papier froissé dans la main, accompagné d'un mot à l'oreille, assez bas pour que même Charly ne puisse distinguer ce qu'il comportait.

_____Une fois dans les loges, elle erra un peu moins de deux minutes avant qu'elle n'entende sa voix. Elle s'attendait à le retrouver accompagné mais finalement, elle le retrouva seul, avec une expression mi interdite mi abasourdie sur le visage, adossé contre le mur, les mains de part et d'autre de son front, dans ses cheveux, comme s'il n'en revenait pas, comme s'il réfléchissait à toute vitesse. Et encore une fois, Charly ne l'avait encore jamais vu comme ça, c'était comme s'il avait perdu toute son assurance. Intriguée, elle se rapprocha de lui, elle voulut frôler de sa main, son visage, mais elle se retint. Ne me demandez pas pourquoi elle se retenu, je ne le sais pas moi-même mais c'était comme ça, elle n'y arrivait pas. Elle n'y arrivait plus.

- Eh...Will ? Will, ça va ? s'inquiéta-t-elle.
- Euh...ouais...dit-il d'une voix éteinte.

_____Elle s'éloigna de lui de quelques pas, le contemplant de toute sa hauteur, il s'écarta du mur et commença à partir, après quelques mètres, il se retourna et vit qu'elle ne le suivait pas, il l'interpella, l'invitant à la rejoindre, mais Charly était toujours au bout du couloir, le regardant un air d'incompréhension mêlée à de l'exaspération s'échappant de son être entier. Il s'arrêta, se planta là, à une dizaine de mètre d'elle, attendant qu'elle le rejoigne, mais rien. Elle ne bougeait pas et restait immobile, ça ne sentait pas bon pour lui. Will le savait, après tout, il en avait été la cause. C'était bien fait pour lui. La fixant dans les yeux, il attendait qu'elle explose. La boite de Pendore allait s'ouvrir d'une minute à l'autre...Car c'était ce qui allait arriver, elle allait tout bonnement faire sortir tout ce qui s'était emmagasiner au fond d'elle à cause de lui. Et comme il était bien placé pour savoir qu'il ne valait mieux pas être dans les parages quand elle était comme ça...Il aurait bien couru jusqu'à la sortie, mais là...il se trouvait, qu'il ne pouvait que rester, c'était lui qui avait provoqué ça, donc... c'était lui qui allait en subir les conséquences...



-------------------------------------------------Partie o2 :



En écoutant : Archive - Fuck u



- Mais merde Will ! s'exclama-t-elle exaspérée, Fais quelque chose, trouve quelque chose à dire, j'en sais rien, mais reste pas planté là sans rien faire ! J'commence à en avoir marre ; t'es là, comme si de rien n'était, alors que tu vois très bien qu'on s'éloigne l'un de l'autre, tu subis au lieu d'agir, c'est pas ton genre ! Je sais pas c'que t'as en tête, j'aimerais vraiment savoir, crois-moi, mais le problème c'est qu'on ne se parle plus. Pas comme avant, on ne communique plus que pour se dire des choses... des choses futiles et banales. C'est pas nous ça. C'est pas toi, et c'est pas moi non plus... En fait, j'ai l'impression que le « nous » a disparu. Même pas disparu, c'était comme s'il n'avait jamais existé ... !
- Arrête Charly, tu sais bien que c'est pas vrai...commença William d'une voix faible.
- Tu vois ? Tu me dis des choses sans même y croire toi-même ! J'comprends pas. J'comprends plus...On devient quoi ensemble, hein ? J'te pose une question William Davis ! On devient quoi ? Qu'est-ce qu'on est ? Qu'est-ce qu'on va devenir, ensemble ? Tu sais toi ? Moi j'ai l'impression qu'on est destiné au mot « rien ». Rien. On est rien ensemble, on ne deviendra rien ensemble ! Alors à quoi bon le rester ?! Si tu connais la réponse, donne-la-moi, parce que j'ai beau chercher, j'trouve pas ! Tout ce que je trouve c'est un sourd-muet planté devant moi, le regard dans l'vague... Un sourd-muet, Will...
- ...Tu dis n'importe quoi, tu n'sais même pas de quoi tu parles, Charly...interrompit-il en secouant lentement sa tête en signe de dénégation.
- D'accord...Alors si je n'sais pas de quoi je parle, dis-moi toi ! Allez, vas-y, dis-moi ! Ca fait tellement longtemps que tu m'a rien dit du tout ! De quoi est-ce qu'on parle, Will ?

_____William se sentait désarmé. Ce n'était pas qu'il ne voulait rien dire, mais c'était comme si les mots eux-mêmes ne voulaient pas être prononcés. Il repassa ses mains sur son visage, comme pour effacer le poids de tout ça. Comme pour effacer cette scène, ces mots blessants et vrais qu'Elle lui débitait avec violence. Pourquoi tout devait être si difficile ? Pourquoi y avait-il tant d'épreuves ? Pourquoi y avait-il autant de chemins ? Lequel devait-il emprunter ? Que devait-il penser ? Que devait-il faire ?... Non seulement lui-même se sentait perdu, mais le seul fait d'imaginer ce que Charly, elle-même pouvait ressentir à cause de lui, le mettait en rage. Comment pouvait-il lui faire ça ? Faire « comme si de rien n'était » tout en sachant que de sa faute, il les mettait en danger. Eux.

« Cette belle évidence
Fera sur nos corps tous, tous ces dégâts,
Bien sûr que j'y pense, à ces conséquences
Crois-moi mon amour et, et tu verras,
Rien, ne se marie vraiment en nous
Non, non, ...Tout s'en va
Se divise et se dissout...
»

_____Et puis...Et puis il lui faisait du mal. Voilà ce qui lui mettait en rage contre lui-même. Il fallait qu'il lui dise. Il fallait qu'il lui dise s'il voulait pouvoir se regarder en face un jour. Mais quand, comment ? Il avait cette impression d'incompréhension de soi-même. Il devenait une personne qu'il ne voulait surtout pas être. Et pourtant il ne pouvait pas arrêter cette évolution. Il se voyait changer d'un ½il extérieur sans pouvoir y faire grand-chose. Il n'arrivait plus à arrêter la machine. Elle était lancée, l'entrainant à sa fin. Il subissait. Néanmoins...Il ne lui fallait que quelque mot pour se libérer. Juste quelques mots pour sauver ce qui n'était encore pas détruit. Mais si lui-même ne se faisait pas à l'idée...Comment elle, pourrait s'y faire ? Qu'est-ce qu'il n'aurait pas donné pour revenir en arrière. Effacer tout, et revenir à un passé plus simple. Ca paraissait si proche et si loin en même temps. Il se sentait fort avec elle, il se sentait libre, presque inattaquable. Mais voilà... Touché, Coulé. Quelqu'un avait envoyé une torpille de mots lourds de sens. Et depuis, il était devenu un individu perdu. Perdu et à bout de souffle dans le labyrinthe de la vie. Il s'était heurté à une impasse. Puis, ayant rebroussé chemin, il s'était retrouvé devant trois voies distinctes. Celle de tout dire à Charly au risque de la perdre. Celle de partir avec Elles et de laisser Charly, au bord de la route. Et puis enfin la dernière... F u i r . .

_____Charly se rapprocha, encore et encore. Maintenant moins d'un mètre les séparait, il pouvait à présent distinguer chacun de ses traits. Son désarroi l'empêchait de la regarder clairement en face, dans les yeux. Mais il devinait ses grands yeux verts, cherchant la vérité au fond des siens. Mais Charly avait beau s'y plonger intensément, elle ne pouvait rien obtenir, Will avait caché ça bien trop au fond de lui pour que quiconque ne sache vraiment de quoi il pouvait s'agir. Charly scruta chaque centimètre carré de son visage. Elle les dévorait de ses yeux inquiets.

- Qu'est-ce qui s'passe ? J'te reconnais plus...Tu as...Changé.

_____Il regardait au dessus de l'épaule de Charly, s'obstinant à ne pas décaler légèrement ses yeux vers le haut, de peur de voir encore une fois ce visage, incroyablement expressif et bien dessiné. Rien que l'entente de sa voix prononcer ces mots faisait palpiter son sang à ses tympans. Elle était calme et violente à la fois. Elle n'était pas froide, juste voilée. Elle ne criait pas, mais restait douce. Et aussi douce que sa tessiture pouvait être, elle lui faisait quand même mal. Chaque mot était comme une petite pique lancé verbalement. Sans doute parce qu'ils étaient vrais. Trop vrais. Alors si rien que sa voix lui provoquait ces sensations...Qu'aurait-il ressentit si, par mégarde, ses yeux rencontraient les siens ? Il n'osait même pas se l'imaginer. Ses yeux avaient le pouvoir de lui faire se rendre compte de ce qu'elle éprouvait par sa faute. C'était un peu comme s'ils auraient pu le tuer. Enfin, des mots franchirent la barrière de ses lèvres. Sans qu'il ne s'en rende compte... Peut-être les avait-il pensés trop fort ? Encore une fois, il avait cette impression de ne plus être maître de lui-même. Le fait qu'il ait prononcé cette phrase le démontrait bien. D'ordinaire, jamais il n'aurait dit ça.

- Tout l'monde change, Charly. Le changement entraîne l'évolution. Et sans évolution on est condamné à errer. Tout l'monde change. Regarde autour de toi, j'suis pas le seul.
- ...Je vois. Tu te cache derrière le changement. C'est pathétique et pas digne de toi, Will. Si au moins t'avais changé en mieux. Qu'est-ce qu'il y'a ? J'suis pas assez bien pour être au courant de c'qui va pas, c'est ça ? Explique-moi, Will, j'ai besoin d'savoir !

_____Elle avait soufflé ces derniers mots. Elle les avait soufflés comme si elle n'avait même plus la force de s'exprimer à haute voix. Jusque là, il n'osait toujours pas la regarder, mais il finit par céder. Son regard se posa donc sur elle. Sur son visage tout près du sien. Elle semblait attendre, résolue d'avoir une réponse. Il sentait qu'elle ne bougerait pas avant qu'il n'ai dit quelque chose de « potable ».

- Ca n'a rien à voir avec le fait que...Tu sois bien ou pas assez bien pour savoir, ni même sur le fait que j'ai confiance ou pas en toi, tu connais déjà la réponse. Mais, le truc c'est que...J'ai besoin de temps. J'ai besoin de temps avant de pouvoir enfin te le dire.

_____Elle eut un léger rictus sarcastique, avant de s'éloigner, sans rien dire. Will s'attendait au pire. Il savait que jamais elle ne partait sans son dû. Il savait qu'elle lui réservait une de ses répliques cinglantes. Et il ne s'était pas trompé. Arrivée à la porte qui séparait les coulisses de la salle, elle se retourna en direction de William, qui était maintenant à une vingtaine de mètres d'elle. Elle envoya alors valser une poignée de mots dans les airs, jusqu'à ce qu'ils atteignent leur cible.

- ...Du temps, Will ? ... Tu n'crois pas en avoir déjà eu assez ?

[...]

_____Charly était retournée à la table. Elle regardait et applaudissait sans vraiment se rendre compte de ces gestes qu'elle exécutait tel un automate. Cette discussion l'avait autant chamboulée que Will. Elle ne se sentait pas pour autant mieux. Pas complètement. Mais, il lui avait quand même parlé. Vu les choses comme elles devaient être vues. Ce n'était peut-être pas un grand pas qu'il lui dise qu'il lui fallait du temps. Mais c'était quand même un pas. On approche petit à petit de l'épicentre...

_____Les candidats allaient et venaient le long de la scène, se succédant les uns après les autres. Le tour de Charly n'allait pas tarder. Plus que cinq ou six candidats, et ce serait à elle de montrer ce qu'elle valait. Bien sûr, elle ne voulait pas à tout prix gagner, après tout, l'important était d'y prendre plaisir, on ne peut pas être premier partout, il y a toujours quelqu'un de meilleur. Meilleur parmi les meilleurs. Soudain, Charly sentit une chaleur autour d'elle. Comme une aura qui réchaufferait son c½ur. C'était assez bizarre et complexe à expliquer, même pour elle, mais, lorsqu'elle sentit son épiderme s'aventurer au creux de sa main droite, et se refermer sur ses doigts froids...elle n'eut pas l'impression d'avoir un corps étranger et désagréable lui serrant la main. Elle n'avait plus cette envie de se dégager, de s'en aller, loin, très loin. Assez loin pour ne plus les voir s'éloigner, assez loin pour ne plus ressentir cette once de peine qui résidait sur un piédestal. Celui du non-dit. Celui du silence. Elle répondit au geste de Will en refermant délicatement ses doigts sur les siens. Était-ce le début d'un renouveau ? Leur renouveau ? Allait-elle de nouveau pouvoir dire « nous » sans sentir en proie à des crampes nauséeuses ; sans sentir le mélange de la peine, la culpabilité, le mensonge mêlé à l'effroi, parcourir son échine ? Était-ce un geste propice à une nouvelle ascension d'eux-mêmes ? Elle les avait bien vus tomber dans des profondeurs abyssales, alors... Allait-elle pouvoir guetter d'un regard extérieur leur... retour à la réalité ?

« Tombé par erreur comme une belle année
Puisqu'elle brille encore de mille feux
On est pile à l'heure, presque nez à nez
Partageons les tords, enfin si tu veux
Je t'ai vu comprendre, je t'ai vu valser
Aux dernières nouvelles nous allions mieux
Je t'ai vu m'apprendre où mettre mes pieds
Aux dernières nouvelles nous étions deux
Nous étions deux...
»

_____Alors ils allaient mieux... Oui, je crois qu'on peut dire ça. C'était un peu comme si de part son geste, elle les avait à nouveau uni. Mais pour combien de temps ... ? La question restait en suspend sur ces lèvres, une épée de Damoclès au dessus d'eux. A cet instant, Charly s'en voulut. Elle s'en voulut de ne pas avoir l'assurance certaine d'une sorte de nouveau départ. Elle aurait voulut croire que cet acte allait sceller leur futur. Mais foutu pressentiment ! Elle ne pouvait pas savourer l'instant présent, non, il fallait que quelque chose vienne perturber le cours de l'histoire. Il fallait qu'elle ait le sentiment qu'encore une fois, leur futur n'allait pas faire dans la dentelle...

_____La composition admirable (Charly le reconnu) du candidat était sur le point de se terminer sous la clameur de la foule quand, à nouveau, un barman arriva en douce vers leur table. Charly essaya de ne pas faire attention... « Si ça ce trouve, il vient simplement pour s'assurer qu'on a besoin de rien... » pensait-elle tout bas. Mauvaise réponse. En effet, le barman se pencha gracieusement à la hauteur de celui qui se trouvait assis à la droite de Charly. C'est-à-dire William, vous l'aurez sans doute compris. Pour la seconde fois, Charly tendit l'oreille, et pour la seconde fois...elle ne pu ouïr grand chose. Sa tension augmentait, et ses doutes persistaient. Ce n'était pas normal. Bien sûr que non ce n'était pas normal ! Si son tempérament le lui avait permis, elle aurait usé de ses « pouvoirs » sur le gérant du club pour faire virer ce charmant monsieur. Mais bien entendu, cela restait au stade du...pseudo fantasme dira-t-on. Et puis de toute façon, cela n'aurait servit à rien, ce n'était pas le barman en question le problème... Et elle le savait pertinemment. Sa tension et ses doutes s'étaient combinés ensemble, formant un cocktail féroce & infernal ; ils furent au summum de leur apogée lorsqu'elle sentit la main chaude de son partenaire se libérer délicieusement de l'étreinte qu'elle formait avec la sienne. Un centième de seconde plus tard, elle sentit son souffle danser et s'entrechoquer en un chuchotement précipité contre l'épiderme de son oreille : « Quelque chose à régler, j'reviens vite. ». Il déposa un baiser furtif au coin de ses lèvres rosées, et s'en alla une fois encore, la lointaine porte des coulisses avalant sa silhouette longiligne de son troue béant et noir. ______________________________& tout recommence, un éternel cercle sans fin.

_____Elle ne put réprimer l'envie d'afficher son agacement. Après avoir poussé un long et profond soupir, Charly détourna ses yeux de la scène et les ramena à la rose décorative. Pourtant fraîche au début de la soirée, elle commençait légèrement à faner. Ses premiers pétales rouges sang penchaient faiblement sur les côtés.

_____Le Petit Prince s'en est allé et t'a laissé. Seule. Maintenant tu flétris et fanes dans la faible lueur de ton soleil. Oh, Petite Fleur, te rends-tu compte de ta détresse ? Qu'as-tu pour te défendre dorénavant ? Est-ce tes trois épines qui te défendront tel que tu le mérite ? Tu connais la réponse... et secrètement, tu souhaite que ton extraordinaire Petit Prince revienne de son lointain voyage et te sauve, toi, ordinairement interdite. Mais il ne reviendra pas. Ne te fais pas d'illusion, il ne reviendra pas... au dehors, le monde est si attrayant. Tellement plus qu'une simple rose bordée de deux rangés de pétales colorés par la passion. Oh oui, tellement plus attrayant, si tu savais. Mais tu ne sais pas. Tu n'es qu'une simple rose, attachée à sa terre par un fin ligament transparent. Il t'aurait fait connaître d'autres horizons ton Petit Prince, mais il s'en est allé. Il s'en est allé... Et toi, Petite Rose, tu fane, continuant d'espérer, de croire. De croire éperdument en vous. De croire en ce que tu ressens pour lui. De croire en ce qu'il ressent pour toi. Le Petit Prince t'as dis un jour que les plus belles choses étaient celles qui ne se voyaient pas. Cette chose là en fait partie. Elle ne se voit pas et néanmoins, il suffit d'y croire, de fermer les yeux et de se laisser guider. Il suffit de ressentir cette « chose » de tout ton être. De ne jamais y renoncer. Jamais. Tu sais, c'est invisible et malgré tout, si fort. Le Petit Prince t'as même soufflé : « Tu sais, les choses qu'on ne peut pas voir sont celles dont on doit prendre le plus soin. Et ce dont je veux précisément te parler est plus important que tout. C'est invisible... Mais il n'y a rien de plus magnifique. » ... Te souviens-tu Petite Fleur à quoi est-ce qu'il voulait faire allusion ? Te souviens-tu ?

« C'est niais, et pourtant si beau et vrai à la fois. »

_____Étrange métaphore, c'est vrai. La Rose est morte d'amour. Loin du Petit Prince, elle est morte d'amour pour lui... Après tout... Trop d'Amour Tue ! _________Charly se mordit la lèvre. Ca lui brûlait de l'intérieur. Plus que cinq candidats avant qu'elle ne se rende sur scène. Il lui fallait parler. Vider son sac. Décompresser. Ce qu'elle avait dit à William avait eu pour effet de la soulager un court instant, puis, comme un étau, se resserrer autour d'elle, compressant chaque partie de son corps. L'impression d'avoir les poumons bloqués sous une masse et de ne plus pouvoir respirer, vous comprenez ? Elle regarda les autres personnes assises à sa table : Rachel semblait absorbée dans une conversation avec Taylor, et Seth sirotait tranquillement son cocktail, les yeux rivés sur la scène. A son tour, Charly se leva et disparue dans la foule. Elle arriva plus vite que prévu à la porte de sortie de secours, et poussa lourdement les deux portes battantes. Tout à coup, elle sentit l'air frais de la nuit s'engouffrer en elle. S'infiltrant dans chacun de ses pores, entrant en contact brutal avec son épiderme, remplissant son échine de frissons pétillants. Respire !Elle ne fit pas attention à ce froid qui s'insinuait dans ses veines, elle se contenta de replier ses mains autour de ses bras, les remontant de bas en haut puis de haut en bas, machinalement, comme pour se réchauffer. La rue était sombre, calme et déserte. Elle se permit de faire quelque pas un peu plus loin. On n'aurait pas cru qu'à quelques mètres de là, des centaines de personnes dansaient aux rythmes de la guitare d'un jeune compositeur interprète inconnu. Charly finit par s'adosser au mur bétonné du bâtiment à la lumière vitreuse d'un réverbère. Se retrouver seule un instant. Voilà ce qu'il lui fallait. Elle ne demandait pas beaucoup, juste un instant, seule avec pour unique compagnie, les étoiles.

_____Quelques secondes passèrent, avant que les portes battantes ne s'ouvrent une nouvelle fois. Une ombre apparue. Charly ne vit pas de qui il s'agissait, l'obscurité enveloppait de toute sa noirceur la silhouette inconnue. Cette même silhouette se rapprocha d'elle. Et une fois arrivée dans le rayon du réverbère, la lumière révéla le visage de Seth. Charly se sentit encore une fois soulagée, elle eut le même sentiment que lorsque Jake l'avait interpellée au début de la soirée, elle s'était dit que ce n'était que Jake. Eh bien là, ce n'était que Seth...Ce n'était pas Lui.

_____Seth s'adossa aux côtés de Charly sans dire un mot. Charly ne su combien de temps s'était écoulé avant qu'ils ne finissent par se décrocher un mot. Après tout, à quoi bon savoir ? Cela n'avait pas d'importance. Aucune importance en fait. Tout ce qui était important pour elle, à cet instant se nommait Vérité. D'après Charly, celle-ci fait partie des pires et des meilleures choses qui soit. Mais qu'importe que la vérité la blesse ou non. Elle devait savoir.

- Il a changé, hein ? murmura Seth du bout des lèvres.
- Tu l'as remarqué aussi...
- Quand on vit sous l'même toit, c'est assez difficile d'pas remarquer ses moments d'absences, tu sais, ironisa-t-il.

_____Un somptueux rictus éclaira le visage de Charly. Oh oui...c'était comment dire...Tellement dur de ne pas remarquer ça. De ne pas remarquer sa bizarrerie nouvelle. De ne pas remarquer la mauvaise tournure des évènements. C'était si flagrant ! Il y eut un moment de blanc entre les deux individus, simplement teinté du souffle de chacun. L'idée que Seth aurait pu connaître ce que William cachait l'effleura. Après tout c'était son meilleur ami. Son meilleur ami. Il devait bien savoir quelque chose ! Elle détourna la tête d'un point imaginaire qu'elle s'était elle-même fixée auparavant, jusqu'à que le profil de Seth apparaisse dans son champ de vision. Elle commença à entrouvrir la bouche quand au dernier moment, elle se ravisa. Stupide. Insipide. Bête. Non sens. C'était tout ça à la fois. Cette question, finalement, s'avérait être d'une folie enfantine. Quand bien même elle lui avait posé la question, il ne lui aurait jamais rien dit. La simple bonne raison était qu'il était...son meilleur ami. Et qui d'autre que son meilleur ami pourrait garder un secret ? Elle se remit donc à fixer son point imaginaire avant qu'elle ne se rende compte que Seth tenait quelque chose à la main.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-elle.
- Oh, euh...un cocktail, je sais pas trop c'qu'il y'a dedans...
- Fais voir, coupa Charly en s'emparant de la coupe.
- Hé, Charly, qu'est-ce tu fais ?! Ca va pas ?! s'exclama soudainement Seth, mi étonné, mi indigné.
- Oh laisse-moi, j'ai besoin de quelque chose de fort.

_____C'est vrai qu'elle en avait besoin. Du moins elle en ressentait le besoin. Et cette coupe était sa seule chance d'assouvir sa tentation, Seth étant majeur depuis peu avait droit aux boissons alcoolisées. Pas elle. Mais cela faisait bien longtemps qu'elle s'était abstenue de tout liquide de ce type. Aviez-vous oublié qu'elle essayait d'être « clean » ? La rechute se faisait sentir, ses barrières se détruisaient à mesure que le mensonge et la culture du non-dit la consumait. Elle n'allait pas résister longtemps à d'autre chose pour le moins...interdites. Charly ne se donna même pas la peine de sentir le liquide pour identifier le mélange douteux, elle l'avala d'une traite, n'en laissant plus une goutte à son réel possesseur. Elle sentit le liquide dévaler sa trachée puis enflammer ses entrailles devenues glaciales. C'était très fort. Très bon. Oh oui, ça avait bon goût. Le furieux goût du pêcher lui éclatait au palais. On a beau essayer de le chasser...le naturel revient vite au galop, n'est-ce pas ce qu'on dit ? Elle rendit le verre vide à Seth en lui murmurant un faible merci avant de rentrer d'un pas sûr à l'intérieur. Ce n'était pas un simple merci pour le verre. C'était bien plus en fait. En remerciement de sa présence. Car oui, bien qu'elle ait voulu être seule, sa présence, même silencieuse lui avait été d'un certain réconfort. C'était, de sa part, une quelconque manière de montrer qu'il compatissait, et arrivait à comprendre. Il est bien connu qu'après tout...Un peu de compagnie, même au plus solitaire des hommes, n'a jamais fait de mal à personne.

_____Plus que deux personnes, et c'était à son tour de passer su scène. Charly était de retour auprès de Rachel et Taylor, elle essayer de suivre un minimum leur conversation tout en attachant de l'importance au candidat, tachant de ne pas penser à Will, qui n'était toujours pas revenue de sa sortie furtive. Bientôt, la chanson toucha à sa fin et Seth émergea de la foule. Plus qu'un candidat et ce serait à elle. Elle n'était pas stressée, la tension ne tambourinait pas à ses tympans, non, non, rien de tout ça. Le trac ne l'envahissait pas, pas encore. Et puis, elle était bien trop occupée à se demander si Will reviendrait à temps pour la voir. « Bien entendu qu'il arrivera à temps. » l'apostropha une petite voix intérieure. « Ne l'écoute pas, tu ferais mieux d'aller voir ce qu'il fabrique. Crois-moi ! » lui criait une autre voix. Alors que le nouveau candidat se plaçait, ajustant la lanière de son instrument, la hauteur du micro, Charly se leva doucement, lançant un bref regard à Seth. Il avait compris. Il était assez proche d'elle pour savoir ce que son geste signifiait. Elle se fraya un chemin entre les gens et arriva aux coulisses, entra dans le labyrinthe de couloirs, les arpentant jusqu'à la porte portant l'écriteau réservé aux artistes. Elle semblait vide et pourtant, des voix en émanaient. Ce n'était pas des voix méconnues d'ailleurs. Oui, il semblait que cette voix était celle de Will. Mais sa voix était accompagné d'une autre, jamais Charly ne l'avait entendue auparavant. Elle poussa la porte.

Mon dieu, si elle avait su ce que le Destin lui avait réservé !




____________



Hey !
Comment ça vaaa ? ^^
Je fais vite, j'suis à la bourre, --' ahem, pour pas changer !
J'espère que vous avez appréciez =). Le grand texte en bleu avant le vrai commencement du chapitre, je l'ai mis et écris parce qu'il colle très bien à ce chapitre, à ce que je veux démontrer, voilà pourquoi il est là ^^. Les trois quart des phrases sont des phrases traduites et remodelées à ma manière de la chanson que je vous ai mis en fond de lecture :).
Dans environs dix minutes j'pars direction l'sud :D !
Donc, c'était le seul moment où j'ai pu posté, j'voulais pas vous faire attendre trop longtemps non plus voilà ^^ !
Merci pour tout vos commentaires, vous êtres géniales <3
Pour la suite, pourrai-je avoir six commentaires chacunes ? *.*
s'vous plaît ! U_U
Pour moi quand j'rentrerai d'vacances ! xD
Brayf', j'vous fait de gros bisous, et j'vous dis à très vite !
<3


Joyeux Noël ! :D
J'me demandais quel jour serait le mieux pour posté c'te loooongue suite pendant les vacances héhé.
C'plutôt bien comme cadeau nan ^^" ? ( dites pas naaaaan, s'vous plaiiiit ! ... *CHBAF*).
Bon, à part ce cadeau merdique d'ma part, z'avez eu quoiii ? xD Papa Nowël a été gentil ? *w*.
En attendant, j'ai prévu que le prochain chapitre aura sûrement une partie o1 en italique et la partie o2, retour au présent ! =D.
Et sinon, l'éternel et même question : comment z'avez trouvé la suite ? :), bon à part le fait qu'elle soit très longue ? xD, tiens d'ailleurs, j'voulais savoir, les longueurs...c'est trop long ? :s, ou peut être pas assez ? ( soyons fous x') ) ou alors c'est tout pile bon ? ^^'. Ou vous préférez la longueur de la partie o1 ? Je demande pac'que, au cas où vous auriez encore pas remarqué..quand j'commence, je m'étale encore et encore et j'ai du mal à m'arrêter xD (y'a qu'a voir mes édits c'est flagrant hein U_U). Bref, voilà. J'reviens aussi sur l'sujet des photos des personnages : Bientôt ! j'les ai encore pas tous tous trouvé ^^. Puis, j'aimerais savoir qui vous voulez vraiment voir (Charly, Will, son père, sa mère, Noa, Lacey, Seth, Aaron, Chris...etc)
Brayf', sur ce, j'dois y'aller moi x), merci d'avoir attendu autant pour la suite z'êtes des n'anges UU' !
Et euhm..Suite après 150 commentaires ? :D
J'vous fait des bisous et m'affaire à la suite :p
Bonne fin d'vacances, profitez bien.
<3

Ps : Je répondrai à vos commentaires/questions un peu plus tard :), j'oublie pas.

Next-Please reprend du service ;).


-100-__-150-__-200-

# Posté le jeudi 30 octobre 2008 18:58

Modifié le vendredi 09 janvier 2009 15:00