_____Les premiers rayons du soleil vinrent me caresser le visage, me poussant ainsi à me lever. Je m'extirpais péniblement de sous ma couette chaude puis me dirigeai vers la Salle de Bain.
_____Je sortis soigneusement de la baignoire, pris une des serviettes se trouvant sur une haute étagère et me la noua au dessus de la poitrine. Je frictionnai doucement mes cheveux dégoulinants d'eau et sortis, toujours ma serviette sur moi, de la Salle d'eau. Arrivée à l'intersection du couloir et du salon, je m'arrêtais brutalement, une grande masse brune s'engageant dans le même couloir que moi. Après réflexion, je me trouvais bel et bien devant un individu de race masculine, plutôt musclé et ... plutôt beau ! Cet inconnu me fixa d'un air hébété me dévisageant de haut en bas puis de bas en haut sans jamais fermer sa bouche ; jusqu'à que je me décide, enfin, à dire quelque chose :
- Charly, la nièce de Peter, dis-je tout sourire en lui tendant la main.
- Oh, hum, moi c'est Aaron, se présenta ledit Aaron me serrant la main tout en me rendant mon sourire.
- Le fils de Catherine, c'est ça ?, devinai-je.
- Oui, oui c'est ça, je vis à côté avec mon frère, Chris, m'expliqua-t-il avant de continuer, La...euh...la douche marche plus de l'autre côté et euh, je savais pas que...Balbutia Aaron embarrassé.
- C'est pas grave, tu peux y aller, enfin, je veux dire dans la salle de bain.
_____Je m'avançais en direction de ma chambre, lui frôlant le bras. Une fois à l'intérieur de ma chambre, je me regardais dans le grand miroir mural en face de mon lit, je souris légèrement à mon reflet me disant intérieurement que j'allais bien m'entendre avec Aaron. Dire qu'il n'était pas « attirant » aurait été mentir ! Avec ses cheveux bruns en bataille, ses yeux chocolat, son corps fin et horriblement beau sans oublier son air un petit peu boudeur... qui ne pourrait pas fondre ?! Je m'approchai de mes valises et en sortis un débardeur rouge orné d'inscriptions argentées dans des langues inconnues... (Peut être du latin ? Enfin, aucune importance.) Un slim, une paire de ballerines rouges pour rappeler mon t-shirt ainsi que quelques bracelets pour agrémenter le tout ! Me voilà fin prête.
_____Peu après avoir fini de m'habiller, je me dirigeais vers le salon, à travers les vitres des fenêtres je pouvais voir le campus prendre vie. Peu à peu. Je soupirais longuement, et baissai la tête, non pas encore. Pas encore un de ces coup de blues comme on dit. Je me servis un verre d'eau et le bu d'une traite, comme si cette action aurait pu faire passer cette sensation de retournement d'estomac. Peut être fallait-il que je change d'air ? J'allai vers la porte d'entrée et décidai de sortir.
_____Une fois dehors, je déambulais à travers l'étage, vaguant dans les salles de musique ou autres. Une de ces pièces attira mon attention à cause d'un grand piano à queue blanc cassé. Vraiment très beau. Il était là, dans cette pièce vide, les touches blanches à découvertes dans ma direction, elles semblaient m'appeler, me crier de venir les toucher... Je m'avançais précautionneusement vers cette grande masse blanche, m'assis sur le tabouret face à l'imposant instrument, les mains crispées. Je fermai les yeux et positionnais mes doigts sur les touches froides, appuyant avec hésitation, au gré de mes envies...une improvisation. C'est ça que j'aime dans la musique, apprendre des notes, ou jouer des partitions, non merci ! Ce n'est pas pour moi, moi j'aime improviser... toujours les yeux fermés et laisser mes doigts danser...
- Bravo ! , s'exclama soudain une voix qui m'était méconnue
_____Je me retournai face à mon interlocutrice afin de lui répondre, je me trouvais alors devant une femme d'une quarantaine d'années, un air radieux au visage, les cheveux roux munis de très belles boucles anglaises lui descendant un peu plus bas que les épaules, les yeux d'un gris d'acier, un visage assez semblable à Aaron...,je crois savoir qui elle est.
- Merci...Vous devez être Catherine, c'est ça ?, interrogeais-je tout en me levant et m'avançant vers elle.
- Oui, c'est moi ! Et tu es sûrement Charly, non ?, j'acquiesçai, souriante quand Peter apparut à l'embrasure de la porte.
- Hé bien ! Je vois que vous avez déjà fais connaissance ! Venez, on va au salon, on sera mieux, dit-il, entreprenant. Il nous invita à le suivre au bout du couloir, jusqu'à son logement.
_____On entra en file indienne, Peter, en bon galant nous tint la porte, dévorant du regard sa compagne. Une fois à l'intérieur, on s'installa sur de beaux fauteuils de cuirs et commençâmes à discuter chaleureusement sur mon enfance passant par la rencontre de Peter et Catherine dans une conférence sur la philosophie... Ou dérivant même sur leur projet de vacances en Australie... tout un programme ! Après ce qu'il m'avait paru bien une heure, Peter déclara qu'il allait chercher les deux garçons qui d'après lui, dormaient encore.
~Chris ~
- DEBOUT LÀ D'DANS !
- Hein? Gémissais-je interloqué.
- Réveille-toi Chris, dit mon frère Aaron, celui-ci déjà habillé de pied en cap.
- Et pourquoi est-ce que je devrais faire cet effort harassant et surhumain ? Questionnais-je de ma voix encore ensommeillée.
- Peter nous attends ! Il a quelqu'un à nous présenter, enfin quelqu'une, s'empressa-t-il de rajouter voyant ma mine réjouit, qui s'effaça laissant place à une moue insatisfaite.
- Ah, qui ça ?, questionnai-je évasivement.
- Elle est brune, s'appelle Charly, et a des yeux ma-gni-fiques ! fit-il simulant un regard fiévreux.
- C'est bon, c'est bon, j'me lève. Et ne te sens surtout pas obliger de percer mes tympans, ronchonnai-je pour qu'il arrête son cinéma.
_____Il fait ça pour m'agacer, il sait très bien que je déteste ces simulations avec une fille. Moi mon truc c'est plus les hommes, et puis c'est personnel c'est chose là ! Je me redressai, soulevé la couette, et m'apprêtai à me mettre debout quand il me fit un sourire moqueur (sans doute dû à ma tête –excusez moi de l'expression mais bon, on est entre nous non ? – dans le cul comme on dit) se pencha rapidement vers moi, m'ébouriffa les cheveux et me fit retomber sur le matelas. Oh là là, déjà que je devais avoir une tête effroyable avec des épis un peu partout... maintenant je n'imagine même pas ce que ça peut être, je préfère même ne pas me demander ce à quoi je dois ressembler ! Aaron sortit de la pièce, me laissant seul, et mal réveillé.
~Charly~
_____Je fis la connaissance de Chris et Aaron dans la matinée, les deux fils de Catherine. Ils sont très sympas tous les deux, quoi que, je trouve Chris un peu « mou » ! Ce doit sûrement être parce qu'il n'a pas pu dormir autant qu'il le voulait, enfin c'est ce que m'a dit son frère. Sur la demande de Peter, qui apparemment était vraiment très occupé avec sa paperasse, les garçons me firent la visite rapide du campus. Certaine filles se retournant et adressant des sourires à Aaron tandis que moi, je recevais des regards suspicieux. Bizarre. Je me retournai vers Chris alors que son frère parlait avec entrain à une brune décolorée en blond platine, l'air un peu cruche sur les bords...Non mais ce gars est un vrai aimant à stéréotype ayant la chevelure peroxydée ou c'est moi qui déraille ?, me demandai-je intérieurement.
- Hum, tu as une idée, du pourquoi toutes ces filles lui...
- ...Aaron est assez, populaire en fait... et on va dire qu'il a quelques « fans » ! Enfin, il a une réputation de charmeur d'un soir si tu vois ce que je veux dire, pour ces filles, sortir avec lui c'est... un peu une consécration, mais ça ne dure jamais très longtemps, une semaine grand maximum ! me dit-il en riant.
- Je vois, dis-je en souriant, je connais ça aussi, ajoutai-je à voix basse. Il se tourna un peu plus vers moi, me scruta un instant et continua de marcher à côté de moi.
_____Comme je l'avais espéré, il n'en demanda pas plus voyant que mon visage s'était assombrit... Je n'aime pas parler de ma vie là-bas, il n'y a pas grand monde que j'apprécie dans cet endroit, à part Rachel. Elle a un peu la même vie que moi : le père qui se donne bonne conscience en appelant sa fille tous les mois et en lui versant de l'argent sur son compte, se disant que ça va combler le trop peu d'amour qu'il lui donne pendant les quelques minutes qu'il passe avec elle au téléphone...Qui préfère s'offrir du bon temps avec une inconnue qui pourrait être sa fille au lieu de se conduire en parfait gentleman auprès de sa fille et de sa femme qui l'attend toutes les nuit, inquiète, espérant qu'il ne lui est rien arrivé, ou préférant se voiler la face sur les occupations douteuses de son époux.
_____Ça c'est la vie de Rachel... et c'était ma vie aussi, avant.
Enfin ça l'est toujours mais la femme a changé... il s'est remarié mais trompe toujours autant...
Je me rappelle le deuxième jour qui suivit le décès de ma mère, il a convoqué toute la presse, tous les photographes pour annoncer que maman était bel et bien morte, il avait tout prévu, du discours émouvant (qu'une de ses compagne d'un soir lui avait écrite) Jusqu'à la larme à la cinquième phrases et jusqu'au mouchoir de sa poche droite qu'il devait saisir d'un geste maladroit. Et puis moi, pendant son joli petit discours c'était "sois belle, tais-toi et contente toi de pleurer ".
_____Comment est-ce qu'on peut être aussi hypocrite?
Une question parmi tant d'autres, mais après tout, la vie est faite de « pourquoi » auxquels il n'y a pas de réelle réponse...
j'espère que vous avez aimé ce chapitre ^^
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bisouus (L')
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