~Charly~
_____Ces blessures sont bien trop ancrées dans mon être tout entier, pour pouvoir les effacer. Il faut que je mette un terme à tout ça. Et puis je me dis aussi qu'au fond, je serai peut-être mieux dans cet endroit, non ? J'en ai déjà eu un petit aperçu, il a quelques mois de cela... tout paraissait si paisible... et puis ... il y sera ! Oui je serai définitivement mieux là-bas ! Malheureusement, il y a un mauvais côté à toute chose il me semble. Je vais les quitter ... Eux. Et Elle ! On a passé tellement de bons moments ensemble. Oh ! Et puis tant pis ! J'ai tenu ma promesse, il est temps que je parte.
_____Le vent fait voler mes cheveux je regarde en bas, là où les vagues s'écrasent sur les rochers abruptes, je ne me raterai pas... j'en aie la certitude. Je ferme les yeux, entends vaguement le grincement du portail qui s'ouvre mais n'en tiens pas compte, il ne pourra pas m'en empêcher, il est arrivé trop tard... J'ouvre les yeux, une dernière fois, mon regard se dirige vers cette eau salée, déchainée aujourd'hui. Elle m'attire tant, comme si elle m'appelait... Oui, j'arrive... Mon corps bascule vers l'avant, les bras en croix. J'ai l'impression presque féérique de voler ... c'est beau, fabuleux même, se sentir pousser des ailes... tellement longtemps que j'attendais ça, soudain, j'entends un hurlement. Il crie mon nom à s'en déchirer la gorge. Alors il est venu, j'espère qu'il lira ma lettre et qu'il comprendra. La douce voix de l'air murmurant contre mes oreilles m'empêche de distinguer nettement ce qu'il se passe plusieurs mètres au-dessus de moi. C'est peut-être mieux ainsi...
_____Après réflexion, il me donnerait presque l'envie de rester chez les mortels, mais non, j'ai fais mon temps, il faut que je parte maintenant. Je sens ma tête, suivit de mon corps, entrer brutalement, en contact avec l'eau glacée, elle est si froide, que j'ai cette sensation bizarre ... On dirait que des milliers de poignards, transpercent en même temps ma peau, comme si en une seule fraction de seconde tous mes pores s'étaient soudain réveillés, hurlant de douleur sous cette eau glaciale qui ne faisait que mordre mon épiderme ... Mais aussi curieux que cela puisse paraître, je ne sens pas grand-chose, mon esprit est déjà bien trop haut dans le ciel, il est ailleurs et prends de plus en plus d'altitude; l'ascension de mon esprit se fait sans moi, sans que je la contrôle. Les ailes me sont poussées... Même mon corps je ne le contrôle plus, il tombe, tombe, tombe et sombre dans l'abysse...
FLASH BACK :
~Charly~
- Tu plaisantes ? Nélia, dis-moi que tu plaisantes !
- Je ne plaisante pas, je n'ai jamais été aussi sérieuse.
- Mais Nélia, je ne connais personnes là-bas, et puis, où est-ce que je vais aller moi ?
- Ton père ma dit que ton oncle, Peter il me semble, habite là- bas et qu'il est d'accord pour que tu restes quelque temps avec lui.
- Je n'ai pas envie d'y aller !
Elle se retourna rapidement vers moi, croisa ses bras et me répondis sèchement :
- Ca je m'en contre fiche ! Tu iras un point c'est tout !
_____Elle ouvrit la porte de ma chambre et commença à la fermer. Je me levai vivement avec la ferme intention d'avoir le dernier mot, et me lançai à sa poursuite.
- Mais je suis majeure ! Je ne suis plus sous les ordres de Papa !
- Il le sait voyons. Mais il... on a quelques problèmes en se moment...
- Quels problèmes ?, coupai-je suspicieuse.
- il... enfin, fais-le pour lui ! Il vaut mieux que tu partes..., sa voix se radoucit soudainement, et un faible sourire se dessina sur son visage, tiens ! C'est bien la première fois qu'elle me sourit celle là, bizarre.
- Très bien... j'ai compris, j'irai, soufflai-je, presque résignée.
_____Qu'est-ce qu'il me prends ? C'est bien la première – et dernière fois – que je fais une faveur à mon père... ça doit sûrement être dû aux évènements pour le moins récents. J'imagine que ça « change » toute personne ayant vécu ça, on en ressort grandi et ... affaibli. Quand j'y pense, c'est dur d'être quelqu'un de bien.
_____Je préparai mes valises à contrec½ur, j'allais quitter mes amis (qui n'en étaient pas vraiment soit dit en passant), ma maison, ma ville... tout... Pour partir dans un pays que je ne connaissais pas, pour un monde inconnu ...mais d'un autre coté, je ne verrai plus la tête de Nélia et de mon père, j'avoue que cette idée ne me déplaisait pas ! Ma valise se remplissait à vitesse grand V ; alors que j'embarquai tout mon petit monde, je m'attardai un moment sur une vieille photo. Je me souviens du jour où elle a été prise, comme si c'était hier ; on était tellement bien toutes les deux. J'aurais vraiment aimé retourner en arrière, comme rembobiner le fil de ma courte existence, pour revoir son sourire, entendre sa voix, vous vous demandez sûrement de qui je parle ; en fait ce beau sourire et cette douce voix appartenaient à ma mère... Oui ma mère, ça fait maintenant à peu près quatre ans que j'apprends à vivre sans elle c'est encore très dur mais il faut que je m'y fasse c'est comme ça ...elle est partie rejoindre les autres...les autres étoiles.
_____Elle était atteinte d'un cancer, lorsqu'on nous l'a apprit, j'ai vu dans ses yeux qu'elle n'allait pas se laisser faire, qu'elle allait se battre, qu'elle s'en sortirait... je le pensais aussi, nous le pensions... Oui c'est vrai elle avait réussi, pendant quelque mois elle avait connu ce que l'on appelle « une phase de rémission » elle y croyait, on y croyait à cette guérison. Durant ces quelques mois, on était si bien. Et puis ... et puis, il y a eu sa « rechute »sa redescente aux enfers, elle était repartit pour les chimios et tout ce qui va avec... mais à une seule différence cette fois ... Ses yeux ! Oui, ses yeux. Dans ses yeux l'espoir n'y était plus, bien sûr elle continuait de se battre mais sans vraiment avoir la certitude qu'elle s'en sortirait une fois de plus.
_____Je me souviens de ce jour où nous étions dans cette pièce aux murs totalement blancs, non ce n'était pas sa chambre d'hôpital mais le bureau du médecin qui suivait ma mère, celui-ci nous annonça qu'il n'y avait plus rien à faire pour elle, que son cancer était déjà à un stade trop avancé pour pouvoir faire plus. Il ne lui donnait pas plus de six mois à vivre...
_____Ces six mois, comment dire. On bougeait d'un endroit à un autre tous les jours ce fût sans doutes les mois les plus géniaux de mon existence, ma mère se savait condamnée mais ne voulais absolument pas rester clouée dans un lit à se tourner les pouces en attendant son heure ! En bref, durant ces quelques mois on croquait la vie à pleines dents. Mais toutes les bonnes choses ont une fin ...C'était un après-midi pluvieux... ma mère était retournée à l'hôpital, son état s'étant gravement dégradé. Son corps était relié à une multitude d'appareilles qui faisaient de petits « bips » réguliers, ces petits bruits bizarrement, me rassuraient, grâce à eux, je savais que son c½ur battait encore...
_____Mais cet après-midi où je m'étais, comme tous les jours, rendue auprès d'elle avec mon père (bien que c'était une des rare fois où il venait avec moi), ce petit son si rassurant à mes yeux se transforma en un long et constant « biip », celui-ci résonna froidement à mes oreilles, son heure était arrivée... _____A ce moment là, mon père observait la façade d'un immeuble en face, il n'a pas bougé d'un poil. Après quelques minutes, il s'était enfin détaché de la vitre pour sortir de la chambre, se dirigeant vers les infirmières. Pas un seul regard, pas un seul mot entre nous, entre nous trois... De toute façon plus il était loin de moi et d'elle, mieux il était. D'ailleurs, il n'a été présent pour nous juste lorsqu'il était en présence des médias... Enfin, revenons à moi...dire que je n'avais pas pleuré serait mentir, bien sûr j'ai pleuré mais pas devant elle, pas devant lui ... je déteste montrer le moindre de mes sentiments ... je ne pleurais pas à proprement dit, mais mon c½ur, lui pleurait, il se noyait dans un océan de sang représentant à coup sûrs mes larmes intérieures. Je savais qu'elle n'aurait pas voulu que l'on pleure, car elle est mieux là où elle est maintenant, elle ne souffre plus et n'aura plus jamais à se battre...
_____En y repensant cette photo est un trésor innestimable, mes pensées furent interrompus par le « toc, toc, toc » de ma porte, je posai rapidement mais délicatement la photo encadrée dans ma valise et ravalai, non sans peine, mes larmes...
– Oui ? Entrez..
– C'est moi, annonça une voix masculine.
– Oh, c'est toi, dis-je sombrement.
– Tu as l'air enchantée de me voir,ironisa-t-il sur le ton de la conversation.
_____Non mais il veut que je lui dise quoi ?! « Bonjour Papa je suis très heureuse de te voir, non mais c'est vrai, tu pourrais me rappeler quand était la dernière fois que tu es venu me voir ? Que me vaut l'honneur de ta visite ?! . Ce doit être important pour que Monsieur se déplace ! » S'il pense à ça, il se met le doigt dans l'½il, ce ne serait pas la première fois d'ailleurs. Je ne gaspillerai jamais, oh grand jamais, la moindre goutte de salive pour lui. Ses yeux vrillèrent sur les miens, tandis que je m'efforçais de ne pas ciller.
- Nélia m'a dit que l'idée de partir chez Peter ne te faisait pas vraiment sourire, dit-il, entrant dans le vif du sujet.
- Et alors, c'est le moins que l'on puisse dire, mais de toute façon, qu'est-ce que tout ça peut bien te faire ? Tu ne t'es jamais vraiment préoccupé de ce que je voulais. Et en y réfléchissant un peu plus... ce n'est pas pour toi que je fais ça..., cela dit, tu peux être content de Nélia, c'est elle qui m'a convaincue.
- Je sais... et je ne m'y attendais pas...
- ...Moi non plus, coupai-je.
- Tu sais, c'est juste le temps que l'on puisse régler quelques petits problèmes, tu n'iras pas là-bas définitivement !
- Oui, et puis de toutes façons, je fais bien ce que je veux maintenant, prononçais-je d'un ton las.
- Bon, je t'ai apporté ton billet d'avion, tu pars ce soir ! On viendra te chercher à dix-neuf heures.
- Ce soir ? Mais ...
- Je te laisse je suis déjà en retard : j'ai une réunion très importante, je t'appellerai peut-être tout à l'heure si j'en aie le temps !
_____S'il en avait le temps ... C'est toujours comme ça de toute façon, s'il en avait le temps ! ... Sur ce il se leva de mon lit et me laissa en plan avec le billet d'avion dans les mains, un billet aller simple : New York - Londres...
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Voilà j'espère que ça vous a plus ^^
20 commentaires sur cet article et vous avez la suite !
J'aimerais rajouter aussi, ce n'est absolument pas parc'que je demande un "palier" de com's que j'écris pour avoir trois milliards de commentaires ! Si je les demande c'est simplement une motivation pour écrire les suites ! Un long commentaire, constructif me suffirait amplement et serait accepté avec beaucoup plus de joie que quinze commentaires comportant un seul mot à chaque fois ! Donc, sachez que ce n'est pas parc'que je demande un nombre précis que je veux être a tout pris la madame-j'ai-le-plein-de-com's >_<
Sur ce, bisous à vous.
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